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The killer inside me

Littérature noire

Conséquences, un livre en Australie, avec un enfant perdu, une ado suicidée.. et c'est tout

Conséquences, un livre en Australie, avec un enfant perdu, une ado suicidée.. et c'est tout

Les disparitions d'enfants ont quelque chose de profondément malsain et désagréablement banal. Les bons livres sur ce genre de faits divers sont extrêmement rares. Laura Lipman et son Ce que savent les morts, dans la " belle " ville de Baltimore en fait partie. Pas Conséquences de Darren Williams. Le cadre est bon pourtant : 1969 (même si on ne s'en aperçoit presque jamais) le bush australien, ses déserts, sa Nature gigantesque, avec, derrière cela, un bon fond de christianisme dur, sur fond de sexualité inachevée. Tiens, cela fait penser au Cul de sac de Douglas Kennedy, à croire que la campagne australienne est peuplée de consanguins ! Bref, dans Conséquences, un gamin perd son petit frère dans le bush et une ado se suicide à Sydney...

Le premier problème de ce roman (et d'autres) c'est d'avoir un personnage principal, Tom, le grand frère qui a perdu le petit et une demi douzaine de personnages secondaires, sans intérêt. On est un peu avec l'un, beaucoup avec les autres. A force de multiplier les points de vue du flic du village, du flic de Sydney, de la fille du flic du village, de l'idiot du village... Darren Williams ne dessine jamais vraiment la psychologie d'un seul, ni même de Tom. On aurait aimé entrer un peu plus dans la tête de ce garçon, terrifié par l'idée d'avoir involontairement provoqué la mort de son frère de quatre ans, savoir ce qui se passe lorsque l'on est ainsi revenu de plusieurs nuits, seul, dans le bush, totalement désorienté au coeur des bruits de cette nature. Non, l'auteur effleure tout cela, privilégiant une sorte de salmigondis de prédicateurs plus dingues les uns que les autres.

Et puis il y a le style de Darren Williams. Soit c'est mal traduit, soit l'auteur ne se relit pas ! Car à chaque observation de la nature, que le soleil se lève, se couche, qu'il pleuve, qu'il y ait du vent, il inflige un " c'est comme... " Le genre de comparaison intéressante lorsqu'il s'agit de décrire avec plus de précision un instant, un lieu mais carrément lourdingue lorsqu'il y a répétition. Best of aux pages 276/277 : " deux endroit commes deux ports solitaires... le brouillard comme une robe de danseuse... des formes compactes comme des obstacles... ces formes comme des nuages..." On pourrait faire passer cela pour de la poésie, s'il y avait un minimum de vocabulaire.

Une lecture finalement pénible. Mais le lecteur averti aurait dû se méfier de cet encouragement en couverture " Un thriller d'une profondeur et d'une humanité rares." Signé R. J. Ellory. Oui, celui qui met des bons commentaires à ses livres sur Amazon.

Conséquences, édition Sonatine, 392 pages, 20 euros.
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