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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Dernier verre à Manhattan mais ce n'est pas Don Winslow qui paye

Dernier verre à Manhattan mais ce n'est pas Don Winslow qui paye

On a du mal à suivre l'actualité de Don Winslow ces derniers mois. Une suite à Savages, une suite à La patrouille de l'aube... chaque fois des demi-romans, passablement ratés quand on connait le talent du bonhomme. Cette fois le Seuil sort des cartons Dernier verre à Manhattan (Isle of Joy) qui date de 1996. Plutôt excitant comme pitch : à la fin des années 50, un ancien de la CIA revient bosser dans la Grosse Pomme et se retrouve piégé dans l'assassinat d'une actrice blonde. Et franchement les 80 premières pages tiennent leurs promesses : de la manipulation comme on aime, une CIA bien dégueulasse, incarnée, paradoxalement, par un agent au charme tout britannique. Et puis il y a Manhattan, vraiment magnifiée, fantasmée par Winslow. Sans parler de ce sénateur Joe Keneally, de son frère Jimmy et de sa femme Madeleine en pleine ascension politique. Oh c'est bon, c'est bon... et puis, en fait, pas tant que ça !

Une fois passée l'idée que l'auteur nous parle du clan Kennedy et de l'affaire Marylin Monroe, le lecteur se demande où tout cela va mener. Car on est dans un roman d'espionnage. Clairement. Walter Withers a quitté la CIA pour prendre une carte de détective privé, dans une boîte célèbre. Qui travaille, en plein maccarthysme, sur la probité des cadres des grandes entreprises. Et, comme le hasard fait bien les choses, à la protection d'une soirée des Keneally. Withers va se prendre d'amitié pour la femme de ce sénateur qui trimballe avec lui, Marta, une blonde explosive, scandinave et actrice passable. Winslow va nous parler de la petite amie de Withers, une chanteuse de jazz. L'occasion de parler de Cole Porter et d'autres. Il met aussi une couche sur les poètes de la beat generation. Et puis c'est tout, jusqu'au dénouement forcément digne d'un coup de billard à cinq bandes : " tu me suis, mais c'est un autre qui te suis, tandis que les Russes (eh on n'allait pas les oublier) sont tapis dans l'ombre. " Au final, le lecteur vibre peu si ce n'est pour ces images d'un Manhattan de rêve, avec ses bars à whisky, ses clubs, ses cinémas, ses music hall...de vraies belles ballades.

Don Winslow a voulu se faire plaisir et on ne peut pas lui reprocher. Mais l'intrigue est tout de même légère pour un auteur qui a pondu L'hiver de Frankie Machine, La griffe du chien. En espérant qu'il nous sorte quelque chose de plus consistant en 2014.

Dernier verre à Manhattan, Don Winslow, édition Seuil, 375 pages, 21 euros.

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