Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Megan Abbott et la jungle des cheerleaders avec Vilaines filles

Megan Abbott et la jungle des cheerleaders avec Vilaines filles

Insondable adolescence. Quand les mythes deviennent notre réalité, du genre l'amitié pour la vie, l'invincibilité, le pouvoir sur les autres, pouvoir de séduction, pouvoir de faire mal. Dans une petite ville des Etats-Unis, Sutton Ridge (Illinois ?), Adelaïde, affectueusement appelée Addy, affiche ses seize ans resplendissants : elle est Cheerleaders, les jambes musclées, bronzées, la dentition immaculée, la queue de cheval toujours parfaite. Son double, mais aussi son gourou, c'est Beth, une amie depuis l'enfance. Et la capitaine de l'équipe de Cheerleaders. " Il y a quelque chose de dangereux dans l'ennui des adolescentes " écrit Megan Abbott. Et l'auteur met cela parfaitement en scène. Vilaines filles est une lecture acide, dérangeante parfois, mais aussi une formidable oeuvre de sociologie de l'ado américaine.

Car qui sont-elles ces gamines de 16 ans, grandissant loin des grandes villes ? Des filles de parents séparés. Pas des ados dépravées, maîtrisant leur flirt comme leur consommation d'alcool pour mieux asseoir leur règne sur la société qui les entoure. A grand renfort de textos ou d'humiliations publiques. C'est le cas avec Beth, vipère perdue, qui contrôle Addy mais aussi fait ce qu'elle veut des malheureux militaires qui passent dans l'école. Le grain de sable, c'est la nouvelle coach des Cheerleaders : celle-ci brise son autorité, irradie par son charisme, ses méthodes d'entraînement et décroche l'amitié d'Addy. Du neuf, oui, à Sutton Ridge. De l'ambition aussi. Il faut alors qu'il y ait un drame pour détruire ce cercle vertueux et retrouver " l'ancien monde ".

Mais Megan Abbott offre un roman extrêmement malin. D'accord, il y a un cadavre : l'amant de la coach, un militaire égaré après la guerre en Afghanistan... il est clamsé et finalement, le lecteur s'en contrefiche. L'enquête, les auditions, les circonstances ne sont rien à côté de l'enjeu de la finale des Cheerleaders que Megan Abbott nous fait apparaître comme un Graal moderne, le grand jour de cette douzaine de filles avides de reconnaissance. Etre la plus belle, la plus puissante, que l'équipe soit énorme, le spectacle jouissif. " Voilà ce que les gens ne comprennent jamais : ils nous voient comme de jolies petites choses, laquées et brillantes, constellées de paillettes, et ils rigolent, ils se moquent, ils s'excitent. Ils passent à côté de tout. "

Le trio Addy - Beth - coach est dessiné sensuellement, entre amitiés et soupçons, mensonges et jalousies. Megan Abbott ne tombe pas dans les clichés et redonne en fait ses lettres de noblesse à l'ado américaine que l'on imagine trop facilement décérébrées (la faute aussi à la série Vendredi 13, où elles se font toutes dézinguées dans des situations ridicules !) . Une lecture qui nous fait voir nos enfants d'un oeil différent...

Vilaines filles, Megan Abbott, édition JC Lattès, 376 pages, 20 euros.

Insondable adolescence. Quand les mythes deviennent notre réalité, du genre l'amitié pour la vie, l'invincibilité, le pouvoir sur les autres, pouvoir de séduction, pouvoir de faire mal. Dans une petite ville des Etats-Unis, Sutton Ridge (Illinois ?), Adelaïde, affectueusement appelée Addy, affiche ses seize ans resplendissants : elle est Cheerleaders, les jambes musclées, bronzées, la dentition immaculée, la queue de cheval toujours parfaite. Son double, mais aussi son gourou, c'est Beth, une amie depuis l'enfance. Et la capitaine de l'équipe de Cheerleaders. " Il y a quelque chose de dangereux dans l'ennui des adolescentes " écrit Megan Abbott. Et l'auteur met cela parfaitement en scène. Vilaines filles est une lecture acide, dérangeante parfois, mais aussi une formidable oeuvre de sociologie de l'ado américaine.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article