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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

De sa voix posée, entre deux bouffées d'une cigarette indubitablement féminine, elle raconte. " Je suis, ou plutôt j'étais, parce que l'écriture ça prend du temps, une grand lectrice. Je reste particulièrement sous le charme de la littérature américaine. Avec en premier lieu Jim Harrison et Cormac Mc Carthy. Des conteurs de très haut niveau. C'est ce que j'aime chez les écrivains de là-bas : leur livre passe avant eux. En France, on le sait, c'est très nombriliste. Exception faite de Houellebecq, dont j'aime toute l'oeuvre à part peut-être La carte et le Territoire... Enfin, j'aime aussi les premiers romans d'Amélie Nothomb. J'aime même le personnage qu'elle incarne. A l'inverse, je ne supporte les auteurs qui prennent la pose, comme Angot par exemple. " La discussion digresse sur des auteurs dont on se promet de s'envoyer telle ou telle oeuvre, de lire dès que possible tel titre ou celui-là. Mais c'est bien de Petite Louve dont il s'agit. " Il devait sortir à L'Ecailler, j'avais rencontré Guy Firroloni (édition Alibiana, à Ajaccio) qui avait l'air intéressé et m'avait d'ailleurs donné un livre de Marie Neuser parce que mon livre lui rappelait ses romans... Mais L'Ecailler a des problèmes financiers donc je me suis tourné vers d'autres éditeurs. Rapidement Pierre Fourniaud, de la Manu', m'a donné une réponse positive : cela lui plaisait, il voulait le publier. On est donc entré dans la période relecture. Il est très méticuleux mais aussi très présent comme soutien. " C'est lui qui lui demandera de retirer le meurtre de Christelle par Ari, dans le caboulot de Bastia. A l'arrivée, le roman est compact, très tendu avec énormément d'originalité. " Il faut croire en ses personnages, poursuit Marie Van Moere, cette fois attablée devant un calzone fumant... Je m'attache à ce que leurs actions et leurs réactions soient le plus en cohérence possible. Je les aime tous mes personnages. Même les gitans. OK, ce sont les méchants mais bon... J'avais eu une première volonté d'écrire sur les gitans mais ça n'avait pas vraiment fonctionné. J'ai gardé ça dans un coin de mon cerveau. Ce qui m'intéresse aussi dans l'écriture, c'est de donner de temps en temps des pages de sens. Comment dire ?... Qu'il n'y ait pas qu'une histoire gratuite. Comme quand je raconte l'histoire des gitans de l'Est de la France. Ou que la mère va courir dans le Cap Corse vers cette statue de Sainte Devote, tournée vers l'île et non pas vers l'horizon. D'ailleurs la Corse, elle-même, a une sacrée portée : cela devait être un lieu de repos pour la mère et la fille, ça devient un cul de sac mortel... Sans être trop lourd, le livre doit contenir des éléments symboliques. " Comme Petite Louve, la fille violée, qui n'a plus de nom dans le roman mais qui part en vacances en Corse avec, ce n'est pas un hasard, Moby Dick, roman initiatique gigantesque, qu'elle abandonnera dans une conclusion sanglante mais, paradoxalement, apaisée. Petite Louve explore avec finesse tous les ressorts du sentiment familial, voire tribal. Avec une question tout de même assez centrale : l'honneur. Celui d'une mère, celui de frères mais aussi celui d'un homme " retiré des affaires ". La plume de Marie Van Moere est suffisament nouvelle pour que les lecteurs amateurs de surprises s'y intéressent. Petite Louve, Marie Van Moere, édition La manufacture du livre, 268 pages, 18 euros.

De sa voix posée, entre deux bouffées d'une cigarette indubitablement féminine, elle raconte. " Je suis, ou plutôt j'étais, parce que l'écriture ça prend du temps, une grand lectrice. Je reste particulièrement sous le charme de la littérature américaine. Avec en premier lieu Jim Harrison et Cormac Mc Carthy. Des conteurs de très haut niveau. C'est ce que j'aime chez les écrivains de là-bas : leur livre passe avant eux. En France, on le sait, c'est très nombriliste. Exception faite de Houellebecq, dont j'aime toute l'oeuvre à part peut-être La carte et le Territoire... Enfin, j'aime aussi les premiers romans d'Amélie Nothomb. J'aime même le personnage qu'elle incarne. A l'inverse, je ne supporte les auteurs qui prennent la pose, comme Angot par exemple. " La discussion digresse sur des auteurs dont on se promet de s'envoyer telle ou telle oeuvre, de lire dès que possible tel titre ou celui-là.  Mais c'est bien de Petite Louve dont il s'agit. " Il devait sortir à L'Ecailler, j'avais rencontré Guy Firroloni (édition Alibiana, à Ajaccio) qui avait l'air intéressé et m'avait d'ailleurs donné un livre de Marie Neuser parce que mon livre lui rappelait ses romans... Mais L'Ecailler a des problèmes financiers donc je me suis tourné vers d'autres éditeurs. Rapidement Pierre Fourniaud, de la Manu', m'a donné une réponse positive : cela lui plaisait, il voulait le publier. On est donc entré dans la période relecture. Il est très méticuleux mais aussi très présent comme soutien. " C'est lui qui lui demandera de retirer le meurtre de Christelle par Ari, dans le caboulot de Bastia. A l'arrivée, le roman est compact, très tendu avec énormément d'originalité.  " Il faut croire en ses personnages, poursuit Marie Van Moere, cette fois attablée devant un calzone fumant... Je m'attache à ce que leurs actions et leurs réactions soient le plus en cohérence possible. Je les aime tous mes personnages. Même les gitans. OK, ce sont les méchants mais bon... J'avais eu une première volonté d'écrire sur les gitans mais ça n'avait pas vraiment fonctionné. J'ai gardé ça dans un coin de mon cerveau. Ce qui m'intéresse aussi dans l'écriture, c'est de donner de temps en temps des pages de sens. Comment dire ?... Qu'il n'y ait pas qu'une histoire gratuite. Comme quand je raconte l'histoire des gitans de l'Est de la France. Ou que la mère va courir dans le Cap Corse vers cette statue de Sainte Devote, tournée vers l'île et non pas vers l'horizon. D'ailleurs la Corse, elle-même, a une sacrée portée : cela devait être un lieu de repos pour la mère et la fille, ça devient un cul de sac mortel... Sans être trop lourd, le livre doit contenir des éléments symboliques. " Comme Petite Louve, la fille violée, qui n'a plus de nom dans le roman mais qui part en vacances en Corse avec, ce n'est pas un hasard, Moby Dick, roman initiatique gigantesque, qu'elle abandonnera dans une conclusion sanglante mais, paradoxalement, apaisée.  Petite Louve explore avec finesse tous les ressorts du sentiment familial, voire tribal. Avec une question tout de même assez centrale : l'honneur. Celui d'une mère, celui de frères mais aussi celui d'un homme " retiré des affaires ". La plume de Marie Van Moere est suffisament nouvelle pour que les lecteurs amateurs de surprises s'y intéressent.  Petite Louve, Marie Van Moere, édition La manufacture du livre, 268 pages, 18 euros.

Un premier roman, c'est évidemment un sacré challenge. La peur du vide. A 36 ans, Marie Van Moere l'a franchit avec élégance et détermination. Deux mots qui correspondent plutôt bien à son livre, Petite louve (La manufacture de livres), road movie corse, où une mère et sa fille fuient une tragédie qui les rattrape. Un roman noir, sur le lien organique de la famille, sur le désir viscéral de vengeance, sur l'adolescence aussi. Vivant à Ajaccio depuis quelques années, c'est en fait à Corte, sous un ciel gris, que Marie Van Moere donne rendez-vous...

De sa voix posée, entre deux bouffées d'une cigarette indubitablement féminine, elle raconte. " Je suis, ou plutôt j'étais, parce que l'écriture ça prend du temps, une grand lectrice. Je reste particulièrement sous le charme de la littérature américaine. Avec en premier lieu Jim Harrison et Cormac Mc Carthy. Des conteurs de très haut niveau. C'est ce que j'aime chez les écrivains de là-bas : leur livre passe avant eux. En France, on le sait, c'est très nombriliste. Exception faite de Houellebecq, dont j'aime toute l'oeuvre à part peut-être La carte et le Territoire... Enfin, j'aime aussi les premiers romans d'Amélie Nothomb. J'aime même le personnage qu'elle incarne. A l'inverse, je ne supporte les auteurs qui prennent la pose, comme Angot par exemple. " La discussion digresse sur des auteurs dont on se promet de s'envoyer telle ou telle oeuvre, de lire dès que possible tel titre ou celui-là.

Mais c'est bien de Petite Louve dont il s'agit. " Il devait sortir à L'Ecailler, j'avais rencontré Guy Firroloni (édition Alibiana, à Ajaccio) qui avait l'air intéressé et m'avait d'ailleurs donné un livre de Marie Neuser parce que mon livre lui rappelait ses romans... Mais L'Ecailler a des problèmes financiers donc je me suis tourné vers d'autres éditeurs. Rapidement Pierre Fourniaud, de la Manu', m'a donné une réponse positive : cela lui plaisait, il voulait le publier. On est donc entré dans la période relecture. Il est très méticuleux mais aussi très présent comme soutien. " C'est lui qui lui demandera de retirer le meurtre de Christelle par Ari, dans le caboulot de Bastia. A l'arrivée, le roman est compact, très tendu avec énormément d'originalité.

" Il faut croire en ses personnages, poursuit Marie Van Moere, cette fois attablée devant un calzone fumant... Je m'attache à ce que leurs actions et leurs réactions soient le plus en cohérence possible. Je les aime tous mes personnages. Même les gitans. OK, ce sont les méchants mais bon... J'avais eu une première volonté d'écrire sur les gitans mais ça n'avait pas vraiment fonctionné. J'ai gardé ça dans un coin de mon cerveau. Ce qui m'intéresse aussi dans l'écriture, c'est de donner de temps en temps des pages de sens. Comment dire ?... Qu'il n'y ait pas qu'une histoire gratuite. Comme quand je raconte l'histoire des gitans de l'Est de la France. Ou que la mère va courir dans le Cap Corse vers cette statue de Sainte Devote, tournée vers l'île et non pas vers l'horizon. D'ailleurs la Corse, elle-même, a une sacrée portée : cela devait être un lieu de repos pour la mère et la fille, ça devient un cul de sac mortel... Sans être trop lourd, le livre doit contenir des éléments symboliques. " Comme Petite Louve, la fille violée, qui n'a plus de nom dans le roman mais qui part en vacances en Corse avec, ce n'est pas un hasard, Moby Dick, roman initiatique gigantesque, qu'elle abandonnera dans une conclusion sanglante mais, paradoxalement, apaisée.

Petite Louve explore avec finesse tous les ressorts du sentiment familial, voire tribal. Avec une question tout de même assez centrale : l'honneur. Celui d'une mère, celui de frères mais aussi celui d'un homme " retiré des affaires ". La plume de Marie Van Moere est suffisament nouvelle pour que les lecteurs amateurs de surprises s'y intéressent.

Petite Louve, Marie Van Moere, édition La manufacture du livre, 268 pages, 18 euros.

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