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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Hardcore, adolescence, rebellion et fin du rêve au programme du superbe Alphabet City

Hardcore, adolescence, rebellion et fin du rêve au programme du superbe Alphabet City

Trois destins d'adolescents au milieu des années 80, entre le Vermont et New York. Alphabet City, premier roman d'Eleanor Henderson, c'est cela et beaucoup plus. Eliza est venue à Lintonburg rencontrer le fils de son beau-père, Jude. Avec le meilleur ami de celui-ci, Teddy, ils débarquent dans une soirée du réveillon de Nouvel An où, évidemment, la bière, les joints et le reste circulent au maximum. Teddy et Eliza se retrouvent seuls dans une salle de bains, font l'amour vite, maladroitement. Puis la soirée part en vrille, Jude et Teddy, défoncés, rentrent chez eux dans une nuit glaciale, non sans avoir sniffé, pour la route, un peu de fréon... Teddy fait un arrêt cardiaque.

Coupable, Jude va se terrer pendant des mois dans son lit. Coupable, Eliza, d'avoir refilé un rail de coke à Teddy, va vouloir garder l'enfant issu de leur rapport expéditif. Coupable, Johnny, le grand frère vivant à New-York, va s'occuper des deux premiers.

Alphabet City est évidemment un roman d'initiation et la jungle, ici, c'est ce New-York de 1987. Dans un quartier de Manhattan, prolo et même pauvre (souvent chanté, par Iggy Pop par exemple), c'est tout l'univers de la musique hardcore qui gravite autour du trio. Si Eliza, plutôt des quartiers huppés se fiche un peu de cet univers musical, Johnny est chanteur et tatoueur. Jude, lui, taquine un peu la gratte mais écoute surtout Minor Threat, Agnostic Front, Youth of Today et se rend dans le mythique club du CBGB. Dans une prise de conscience radicale, comme Johnny il se met au straight edge, mouvement orthodoxe de cette époque : plus de drogues, plus d'alcool, plus de viande, plus de cigarettes... et pour certains, plus de rapports sexuels. Dans le ventre d'Eliza, le fils, ou la fille, de Teddy grandit et ces trois-là vont essayer de le protéger, de le garder, au grand dam des adultes.

Comment se racheter face à une faute ? Comment se protéger ? Comment, aussi, montrer, enfin, son amour pour l'être disparu ? Jude, Eliza et Johnny se battent pour leur vie et pour la mémoire de Teddy. Dans un monde violent. Et, finalement, pas tellement par sa musique. La violence, Eleanor Henderson le montre, elle vient des autorités qui veulent evacuer un parc public squatté par des clochards. C'est le début du New-York de riches que l'on connaît aujourd'hui. Les flics emploieront leurs matraques à virer tous les manifestants qui s'opposent aux projets immobiliers fleurissants. Le roman se garde toutefois d'une prise de position politique, il est bien plus fin que cela et offre la fin de plusieurs illusions : celle des parents, baba cools adeptes de la fumette, et celle de ces jeunes, gorgés d'idéaux. Une vraie perle cet Alphabet City.

Alphabet City, Eleanor Henderson, édition Sonatine, 484 pages, 22 euros.

Trois destins d'adolescents au milieu des années 80, entre le Vermont et New York. Alphabet City, premier roman d'Eleanor Henderson, c'est cela et beaucoup plus. Eliza est venue à Lintonburg rencontrer le fils de son beau-père, Jude. Avec le meilleur ami de celui-ci, Teddy, ils débarquent dans une soirée du réveillon de Nouvel An où, évidemment, la bière, les joints et le reste circulent au maximum. Teddy et Eliza se retrouvent seuls dans une salle de bains, font l'amour vite, maladroitement. Puis la soirée part en vrille, Jude et Teddy, défoncés, rentrent chez eux dans une nuit glaciale, non sans avoir sniffé, pour la route, un peu de fréon... Teddy fait un arrêt cardiaque.

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