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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Molosses : un immense Craig Johnson dans un Wyoming violent par sa Nature et ses hommes

Molosses : un immense Craig Johnson dans un Wyoming violent par sa Nature et ses hommes

Craig Johnson est en passe d'écrire l'une des très grandes séries policières du 21e siècle. Après un Dark Horse qui m'avait un peu déçu, voici Molosses, un superbe polar givré, où l'auteur du Wyoming dévoile toute sa finesse, son sens de l'intrigue et cet indiscutable amour de la région. Molosses est maîtrisé de bout en bout et notre shériff Walt Longmire arrive encore à surprendre son lecteur, sa droiture toujours mise à rude épreuve. Car cette fois l'enquête part sur une broutille, une drôle de découverte : un pouce, dans une glacière, déposée dans une casse auto. Allez faire une histoire avec ça ! Craig Johnson, lui, y arrive formidablement.

L'équipe du shériff du comté d'Absaroka s'intéresse d'abord au couple de paumés, Duane et Gina. Cette dernière vient de tirer par inadvertance (!) sur plusieurs kilomètres le grand père de Duane, attaché à une corde derrière sa voiture... Mais Geo, le papy en question, gérant de la casse auto municipale, est un costaud et s'en sort avec trois écorchures. Walt Longmire n'apprécie rien autant, que ces vieux Américains, solitaires, mutiques, revenus de tout. Alors quand il apprend que Geo cultive une relation secrète et sentimentale avec une ancienne prof d'anglais, le shériff a cette tendresse qu'on lui connait. Et puis tout part en sucette, Geo est retrouvé liquidé, le beau-fils est le principal suspect, jeune avorton pressé de boucler son programme immobilier... Longmire met Saizarbitoria, son adjoint désrieux de partir, sur l'enquête du pouce découpé. Henry Standing Bear, lui, confie qu'il doit s'occuper du mariage de la fille de Walt...

Bref, Molosses, sous un faux rythme, figé dans un hiver où la température ne monte pas au-dessus de -15°, fait tout doucement compoter chaque élément du récit : tous les personnages prennent de l'épaisseur au fil des pages, l'intrigue avance merveilleusement et Craig Johnson arrive à hypnotiser son lecteur. Si les molosses du titre sont effectivement les chiens de garde de la casse, ce sont aussi toutes ces belles bagnoles de l'histoire américaine qui ponctuent le récit : Plymouth Belvedere 66, Chevrolet 1947, coupé Mercury, Lincoln 1952...

Ce nouvel épisode des aventures du shériff Longmire garde sa poésie, ses pages contemplatives et une solide histoire où le héros, une fois de plus, y laisse des plumes mais ressort grandi. C'est du classique mais diablement ficelé, avec un univers rural assez unique. On a beaucoup pensé à Tony Hillerman quand Craig Johnson est arrivé sur la scène du polar. Mais c'est une erreur : il ne va pas aussi loin dans la sociologie des indiens, c'est plus un hommage pour lui. En revanche, on retrouve chez lui ce qui faisait le sel des premières aventures de Kenzie et Gennaro chez Dennis Lehane. Et la série n'est pas près de finir !

Molosses, Craig Johnson, édition Gallmeister, 312 pages,

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