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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Trafiquante : vis ma vie de vendeuse d'armes, de Karachi à Hong Kong

Trafiquante : vis ma vie de vendeuse d'armes, de Karachi à Hong Kong

Ah... les souvenirs de voyage ! Ces tasses de thé, sirotées dans un rade de Téhéran. Les cafards sur le marché chinois de Kuala Lumpur. Eva Maria Staal (pseudonyme), elle, a d'autres choses à raconter de ses escapades exotiques. Forcément, elle vendait des armes ! Dans Trafiquante, cette néerlandaise se raconte, de son embauche et de son premier tir à la Kalach', jusqu'aux négociations dans les ordures de Karachi. Un roman surprenant, qui n'est pas exempt de faiblesses, mais qui a la force d'une certaine vérité. Edifiant.

" Un entrepôt situé à la frontière entre Chinatown et Little Italy : partout, il y a des cartons avec de la badiane et des fortune cookies posés sur de l'opium brut. Harry Chi, Gregorius Brand, Renzo et moi sommes assis autour de la table avec Sulleyman comme président. Il explique que nous sommes réunis ici pour discuter de l'appel d'offres pakistanais. " On parle de quoi là ? Pas de TGV ou de centrales nucléaires. Mais bien d'obus à fragmentattion DP-ICM, de kalachs' encore, de Stinger FIM-92E, voire de chars... Eva devient négociatrice pour son patron Jimmy, vendeur d'armes international. Elle est son bras droit, sa confidente souvent, sa maîtresse, une fois. Une fois seulement, car l'homme est gay et, justement, perd la tête pour le jeune Victor, vipère qui lui fait dépenser des sommes folles. Au point que la société bat sérieusement de l'aile.

Eva Maria Staal produit des scènes absolument délicieuses ou démentes comme ce cargo rempli d'armes, détourné par un membre d'équipage pour une dispute entre sunnite et chiite ! Ou ces camions disparus au Zimbawe... Des situations incroyables, très tendues aussi qui lèvent toute sorte de romantisme, pour peu qu'il y en ait eu encore, dans ce genre de business. On est donc très loin de l'humour de Lord of War. Et puis l'auteur a la bonne idée de se plonger aussi dans son quotidien, sa vie de mère, auprès de sa petite fille, des considérations qui paraissent surréalistes quand on sait que le même personne vient de livrer 10 tonnes d'armes !

Le seul regret est que, finalement, le livre est assez court et que l'intrigue arrive tard. Cela ressemble ainsi plus à un journal de bord qu'à un authentique roman. Il aurait fallu creuser un peu plus certains personnages. Mais, honnêtement, pas de quoi gâcher le plaisir de lire ce Trafiquante, très éclairant sur ce commerce vieux comme le monde.

Trafiquante, Eva Maria Staal, édition du Masque, 284 pages, 19, 50 euros.

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