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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Homesman : cet enfer pour les femmes qu'était la conquête de l'Ouest

Homesman : cet enfer pour les femmes qu'était la conquête de l'Ouest

Roman âpre qui laisse peu de respiration, Homesman de Glendan Swarthout, ressort chez Gallmeister, à l'occasion de son adaptation sur grand écran par Tommy Lee Jones. Le Homesman, c'est le rapatrieur. Celui qui, dans la première moitié du XIXe siècle, à la Frontière, ramenait, en chariot, les hommes, les femmes ou les enfants vers l'Est. Vers une latitude moins hostile. Car c'est de cela qu'il s'agit, d'un Ouest loin de tout romantisme, de toute image d'Epinal. Un Ouest où l'on peut s'installer certes, mais il faut cultiver la terre pour en devenir propriétaire. Et quand on va dans la grande ville déclarer sa nouvelle propriété, il faut éviter qu'un gredin vienne s'installer dans votre ferme pour vous la voler. Le gredin en question, c'est Briggs. Il se fait déloger à coups d'explosifs, manque de se faire pendre et se retrouve à convoyer quatre femmes devenues folles. Avec un extraordinaire personnage : Cuddy Mary Bee.

J'évoque volontairement en préambule le personnage masculin de ce roman. Le seul. Avec le curé du coin. Car finalement, ce sont les femmes qui font ce roman puissant. Les autre femmes en pleine dépression. Une pour avoir combattu des loups, seule, toute une nuit. Une autre pour avoir tuée le bébé qu'elle ne pouvait nourrir... Des femmes, jeunes ou solides, broyées par une Frontière qui est tout sauf un paradis. Il faut trimer dur pour obtenir une récolte. Quand un parasite ne détruit pas tout. Et puis il y a la rigueur de l'hiver quand on a rien pour se chauffer... Un vrai enfer.

Coeur immense, croyante, Cuddy Mary Bee était enseignante. Elle a fait un petit héritage, a investi dans une ferme. Et pensait trouver un homme à marier. " Trop banal " lui a répondu celui qu'elle convoitait. Depuis elle traîne un mélange d'enthousiasme et d'amertume. Convoyer les quatre femmes vers l'Est est une preuve de sa générosité, de cette foi inébranlable dans cette époque crédule. Et puis il y a Briggs. Voleur, menteur, obligé de la suivre. Lui, par contre, la foi, c'est pas vraiment son truc...

Rien ne sera épargné au lecteur, c'est dur, démentiel forcément. Homesman est un western de grande classe, sur un thème rare, voire ignoré des livres d'histoire. Avec Homesman, le lecteur goûte les galettes de maïs, bouffe du sable, avance avec les mules, tremble en voyant les indiens approcher. Glendon Swarthout dévoile là une plume incroyable, jouant fabuleusement avec ce huis-clos au milieu de nulle part. Il rappelle à quel point les pionniers américains, génocideurs d'indiens, ont aussi payé un très lourd tribut à une Nature vierge. Une lecture indispensable.

Homesman, Glendan Swarthout, ed. Gallmeister, 281 pages, 23 euros.

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Léa Touch Book 28/01/2016 11:30

C'est un de mes romans de chez Gallmeister que j'ai préféré : Cuddy est un personnage très charismatique !!