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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Les fauves d'Odessa... manquent un peu de mordant

Les fauves d'Odessa... manquent un peu de mordant

Il semble qu'une des grandes " modes " du polar et du thriller soit de faire voyager ses protagonistes de l'Asie à l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Europe. Une mondialisation qui donnerait plus de sens et plus de mouvement évidemment aux grands phénomènes criminels du XXIe siècle... En fait, c'est juste pénible. Je préfère dix milles fois me retrouver à New Iberia avec James Lee Burke ou Boston avec Lehane. Ou même Galway avec Ken Bruen. cela se vérifie encore avec le polar de Charles Haquet, Les fauves d'Odessa. L'auteur est grand reporter pour un hebdo français et il a tenté de faire de ses reportages un roman noir. La mafia de la malbouffe, les réseaux de prostitution de l'Est. Et pourquoi ça ne marche pas ?

D'abord parce que les " gentils ", les héros sont des sortes d'ingénieurs en laboratoire agro-alimentaires, vous savez ceux qui délivrent des labels, bio ou autres. Ceux aussi qui font des prélèvements dans les frigos, les entrepôts, pour s'assurer de la traçabilité, de l'absence de fraude, d'une saucisse, d'un gratin aux Saint Jacques. Dans Les fauves d'Odessa, il y en a deux, dont Camille qui s'introduit noctambulement dans un entrepôt et tombe sur un " très, très méchant " ukrainien qui la lui joue à la Comte Zaroff. Ensuite, il y a son associé Marco qui cherche à savoir pourquoi son ami a disparu... Là, ça fonctionne pas bien. On se demande comment dans une boîte qui marche à deux, l'un ne sait pas ce que fait l'autre. Cela paraît difficile.

Bon il y a évidemment, le petit jeune du labo qui a été retourné par le " très, très méchant ", ça , c'est un classique. Mais pire, il y a la prostituée qui vient trouver refuge auprès de Marco. Du cliché. Un peu lourd à la fin. Alors l'intrigue, franchement, aurait pu sauver le lecteur. Mais il y a hélas aussi des dialogues peu crédibles du genre " - Il n'y a vraiment aucun moyen de s'échapper d'ici ? - Si je l'avais trouvé, je ne serais pas là." ou " - Vous êtes vraiment une ordure. - Camille, je vous en prie. Ne me dites pas que cette nouvelle vous plonge dans l'affliction. "

Pour ma part, c'est raté, un bon reportage, une bonne info ne fait pas forcément une bonne fiction. Mais le livre a tout de même obtenu le prix du roman d'aventures. Je ne sais pas si c'est prescripteur. De son côté, K-Libre a une vision plus positive de la chose, ici.

Les fauves d'Odessa, Charles Haquet, ed. Le Masque, 283 pages, 6, 90 euros.

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