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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Sebastian Rotella rate son histoire de terrorisme avec Le chant du converti

Sebastian Rotella rate son histoire de terrorisme avec Le chant du converti

Triple crossing était vraiment un bon roman, très moite, complexe, à l'image de ce territoire entre Paraguay, Brésil et Argentine. Avec l'énergie d'un premier roman, cette dynamique de la première fois, que Sebastian Rotella avait su maîtriser. Mais ce qui est bizarre c'est que, à l'identique du deuxième d'Olivier Truc, Rotella n'arrive pas à passer l'exigeant exercice du deuxième roman. Le chant du converti a quasiment les mêmes défauts que Le détroit du Loup de Truc : à un moment, on décroche, on n'y croit plus, l'auteur va trop chercher le rebondissement, force son intrigue.

On est à Buenos Aires. Valentin Pescatore (héros de Triple Crossing) bosse pour une société de sécurité : il accompagne chez le procureur un papa qui a vu son fils, dans les affaires, se faire dézinguer, il fait aussi de la protection. Bref, l'Américain qu'il est, s'est confortablement recyclé dans la belle capitale argentine. Jusqu'au jour, où une bande de terroristes islamistes sème la mort dans un centre commercial. Avec son patron, Pescatore intervient sur les lieux, affronte le massacre, en sort traumatisé... L'enquête, qu'il suit officieusement, renvoit à un premier suspect, son ami d'enfance, Raymond, dont il était sans nouvelles depuis 20 ans. Un Raymond insaisissable, jamais où on l'attend. Va suivre alors, une escapade à Paris, puis à Bagdad, sur les pas de cet ami, lieutenant, homme à tout faire, d'un groupuscule de jihadistes.

Honnêtement, la première partie du roman coule parfaitement, entre le quotidien de Pescatore, ses petites missions, ses relations avec son boss, l'attentat... Jusque là, Sebastian Rotella trace son chemin. Mais le coup du détective qui suit une responsable française de l'ex DGSE, puis endosse la responsabilité d'une mission capitale pour les services secrets américains, c'est simplement exagéré. Ou alors, c'est très mal présenté. Il y a un minimum de crédibilité à tenir dans un roman d'une telle ambition. Certains trouveront même très légers les discours à propos des banlieues françaises...

On aurait tellement souhaité que Rotella poursuive son travail sur l'Amérique du Sud, avec son regard d'Américain, dans cette zone naturellement si riche en faits divers, en bonnes histoires. Certes, l'auteur pourrait plaider la volonté de ne pas se laisser enfermer dans un carcan. Sauf que là il marche sur un terrain, la lutte anti-terroriste internationale, qu'il ne cerne pas assez.

Le chant du converti, Sebastian Rotella, ed. Liana Levi, 357 pages, 20 euros.

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