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The killer inside me

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Littérature noire

Quand vient la nuit : Dennis Lehane en toute petite forme

Quand vient la nuit : Dennis Lehane en toute petite forme

Dennis Lehane doit-il arrêter d'écrire des polars sur Boston ? A-t-il tout dit ? Ou bien, ne sait-il plus en parler, lui, qui désormais vit en Californie où il développe ses (nombreux) projets cinéma ? La fin des aventures de Kenzie et Gennaro, Moonlight Mile était déjà indigne de son oeuvre. Ce Quand vient la nuit n'est pas aussi faible mais il manque réellement de flamme, d'intensité. Bob Saginowski est barman et bosse avec son cousin Marv, dans un bistrot désormais détenu par la mafia tchétchène. Sa vie est sans histoires, sans surprises. Jusqu'à ces jours où il découvre d'abord un chiot pittbull dans une poubelle. Puis se fait braquer, en fin de soirée. Deux événements qui vont bousculer son train train.

Bob, c'est un peu le gentil sauvage. Brave gars, pas porté sur les femmes, coeur sensible mais on sent qu'il ne faut pas le pousser, il garde quelque chose d'un peu bestial. Et puis il a un petit passé dans le gang de son cousin. Proche de l'archétype tout de même... Le problème c'est que face à lui, le débile qui vient lui réclamer de l'argent pour le chiot qu'il dit être sien, est un personnage foncièrement raté. Enfin, il y a une bonne scène, chez un ancien prisonnier au moment d'un deal mais, sinon, ce Eric Deeds ne fonctionne pas. Quant à la mafia tchétchène... là aussi, chou blanc, trop rapide, trop bâclé, on ne sent pas assez la menace ou la sauvagerie de ces individus. Lehane a dû se rendre compte de tout cela et donc, il fait ce qu'il sait faire : parler de Boston, peindre son ambiance, ses quartiers. C'est mieux mais ça ne suffit pas à pimenter la sauce. Quand vient la nuit se lit finalement sans excitation, sans ce désir qui nous faisait avancer dans les précédents romans du Bostonien. Finalement, c'est un peu comme la vie de Bob, le barman.

Alors, Dennis Lehane a été clair : il s'agit d'un scénario, pour le cinéma (avec tout de même James Gandolfini et Noomi Rapace à l'affiche) et il a voulu en faire un roman. Le résultat n'est pas à la hauteur, assurément. Une écriture de confort, un manque d'investissement, des scènes assez plan plan, on est loin de l'auteur qui a livré Un pays à l'aube ou Ils vivent la nuit. Un homme qui semble avoir le regard désormais plutôt tourné vers Hollywood...

Quand vient la nuit, Dennis Lehane, édition Rivages, 270 pages, 14, 50 euros.

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