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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Un membre permanent de la famille : Russell Banks écrit sur la banalité américaine

Un membre permanent de la famille : Russell Banks écrit sur la banalité américaine

Un homme qui entre dans une épicerie avec un perroquet imaginaire sur l'épaule, une sexagénaire qui perd son mari sur un court de tennis de Miami, un homme invité au Noël de son ex-petite amie, une black coincée dans une concession auto gardée par un pittbull... Russell Banks raconte l'Amérique de l'autre côté du miroir en douze nouvelles, l'Amérique de tous les jours, l'Amérique des invisibles ? Un membre permanent de la famille est une chronique simple qui évite toute surcharge émotionnelle, tout rebondissement et trace une sorte de long fleuve tranquille de la vie. On peut trouver ça formidable. Ou un brin ennuyeux.

Ennuyeux parce que Banks nous offre des tranches de vie passablement banales si l'on excepte cette forte histoire de Blue, la fameuse black coincée sur un toit de voiture par le chien de garde d'une concession auto. Ou encore cette dernière histoire, La porte verte, dans le bar d'un hôtel. Le reste se résume à la solitude, la perte d'un être cher, avec le lot de psychologies qui va avec. Le sommet de l'ennui est tout de même cette nouvelle sur un artiste reçevant le prix Mac Arthur, désormais jalousé par ses amis. Soit : Russell Banks veut parler d'une autre Amérique. Pourtant, ces " destins " sont trop quelconques, leurs émois sont si communs que l'on en revient à se demander si notre boulangère de quartier ne ferait pas un bon personage pour le prochain recueil de nouvelles de l'auteur d'Affliction. Et les défenseurs de celui-ci répondraient sans doute " oui ". Car le talent de ce phénomène, c'est justement d'écrire avec une économie de moyens rares, sans effusion, sans surlignage de l'émotion. On peut s'ennuyer sérieusement au long de ces 239 pages, par contre il est indéniable que Banks possède à la fois une sécheresse et une empathie qui donnent un équilibre incroyable à ses histoires. Mais on cherche toujours les éléments de cette quatrième de couv' qui assure que l'auteur " transmue magistralement le réel et le quotidien en authentiques paraboles métaphysiques "....

Au final, trois ou quatre très bonnes nouvelles, deux ou trois vraiment difficiles à avaler et le reste, sans véritable intérêt sinon celui de la forme.

Un membre permanent de la famille, Russell Banks, ed. Actes Sud, 239 pages, 22 euros.

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