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The killer inside me

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Littérature noire

Bruxelles Noir : les milles et une facettes obscures de la capitale européenne

Bruxelles Noir : les milles et une facettes obscures de la capitale européenne

L'enfer de Bruxelles et de sa toile bureaucratique européenne. Dans le futur, Lea bosse pour une sorte de haut-commissaire, bien dégueulasse, bien corrompu. Tous les matins, elle prend son train, ses différents transports en commun, contrôlée, surveillée. Une galère. Une pression. Mais elle a besoin de ce job dans la Belgique du futur. D'ailleurs elle a encore deux dossiers à traiter avant d'obtenir un très attendu permis de télétravail... Oui, mais ces jours-ci Bruxelles est en proie aux émeutes, des quartiers entiers menacés de devenir des bureaux administratifs, voient leurs habitants se soulever, prendre les armes. Comme une odeur de poudre dans la très policée capitale européenne... Dédales, de Katia Lanero Zamora est l'une des treize nouvelles de Bruxelles Noir. Et peut-être bien la meilleure.

Pourtant il y a de la concurrence dans ce nouveau tome des Villes Noires, initiées par les éditions américaines Akashic et formidablement repris par Asphalte : Paul Colize, Ayerdhal, Nadine Monfils, Alfredo Noriega... Ce dernier offre d'ailleurs un très beau essai sur la démocratie, les " embarras " de l'immigration, la violence de la police et, finalement, brise la fausse image de cool city souvent attachée à Bruxelles. Si il y a certaines nouvelles moins concluantes que d'autres, c'est le jeu, on retient celle de Kenan Görgün sur un Aïd bien particulier, bien dur; celle de Jean-Luc Cornette, L'apiculteur, avec son prince de Belgique amateur de petits joints; celle de Colize aussi, très bien écrite sur la fameuse tuerie du Brabant, en 1985.

Bruxelles, un très bon choix, tant son nom revient sans cesse dans l'actualité, pour un énième règlement, pour sa commission, pour ses prétendus tracas... et pour son musée de BD aussi. Donc en 274 pages, voici comment les Bruxellois voient leur ville. Et c'est un peu différent. Evidemment.

Dans la hiérarchie des Villes Noires (déjà treize tomes sortis), Bruxelles est bien meilleure que Mexico, mais un ton en dessous de Paris et surtout de Washington, l'un des meilleurs opus. Cela reste une occasion, trop rare, de lire de bonnes nouvelles, genre littéraire trop peu répandu sur notre Vieux Continent.

Bruxelles Noir, par Michel Dufranne, édition Asphalte, 274 pages, 21 euros.

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