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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Matthew McBride : l'ami des orteils, des chiens et de la Corona

Matthew McBride : l'ami des orteils, des chiens et de la Corona

Cela faisait un bout de temps que l'on ne s'était pas autant éclaté avec un polar. Au sens, où on réfléchit à rien, on appuie sur la manette des gaz et à fond, tout le long. Le plaisir coupable... Avec Frank Sinatra dans un mixeur, le jeune Matthew McBride offre ce genre de roman bien déglingué, violent, très violent même, drôle, très drôle aussi. Il ne s'embarrasse pas de peinture sociale de l'Amérique, ne s'intéresse pas au contexte économique, ce qu'il veut c'est s'éclater en racontant une bonne histoire bien rock'n'roll. Et ça fonctionne. Amis du boogie-woggie, amoureux des solos de batteries de John Bonham, siffleurs de téquila frappées... c'est pour vous.

Soit Telly, toxico notoire, et son ami Bruiser, qui braquent une société de crédit avec une fourgonnette de boulanger. Déjà... Bruiser se prend un clafoutis de pruneaux dans la fuite, reste sur le carreau. Telly trouve rien de plus intelligent que de doubler le boss qui l'a mis sur le coup et d'assurer au retour du braquage que " ben l'argent je l'ai pas... on s'est fait courser " ou quelque chose comme ça. Evidemment, le cerveau du casse n'y croit pas et envoie deux de ses lieutenants le cuisiner au marteau. Et voilà une scène de torture proprement géniale qui n'est pas sans rappeler les personnages des frères Coen dans Fargo : deux allumés complets, faisant des blagues en même temps qu'il martyrise ce pauvre Telly. Mais alors Frank Sinatra ? C'est en fait le chien de Nick Valentine, personnage génial et principal de ce polar qui tourne parfois au pulp (sans les filles cependant). Nick Valentine, ex-policier, détective privé, qui a arrêté le café et les cigarettes. Une force de caractère qui ne résiste toutefois pas à toute forme d'alcool : de la Corona pour démarrer et d'autres liquides plus forts ensuite. Bref, Valentine est chargé par un commissaire, ami de feu son père, de retrouver le pognon du braquage. Valentine, pas super moral, embauche deux loustics avec lui, histoire de partager à trois. Et là, bien sûr, ça part en brioche.

Remarquable de rythme, d'humour, de cruauté, Frank Sinatra dans un mixeur est votre climatiseur de l'été en 246 pages. Une belle découverte. Et on attend fermement la suite.

Frank Sinatra dans un mixeur, ed. Gallmeister, collection néonoir, 246 pages, 15 euros.

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