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The killer inside me

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Littérature noire

Les orpailleurs : les cauchemars de la Seconde guerre mondiale par Thierry Jonquet

Les orpailleurs : les cauchemars de la Seconde guerre mondiale par Thierry Jonquet

Il y a presque six ans disparaissait Thierry Jonquet, auteur de romans noirs, devenus des classiques depuis, et dressant, en même temps, une statue de pilier du genre à ce Parisien pure souche. Les orpailleurs est le premier livre sur lequel je me penche. Et franchement, la réputation de Jonquet n'est pas usurpée. Ce roman a plus de 20 ans mais ne souffre d'aucune faiblesse, bien au contraire, il montre une richesse de la narration, une technique exemplaire pour faire tourner le lecteur en bourrique et le harponner dès les premières pages. La scène d'ouverture, de la découverte du cadavre de Nadia, est un petit monument, dans ses détails, tout sauf sordides, dans la description des futurs premiers rôles de cette enquête hors-norme, mais aussi dans cette longueur, comme un plan-séquence.

La mort de Nadia, on le comprend, est centrale dans l'appréhension des Orpailleurs. Pas parce que c'est une prostituée, une fille mariole. Non. Plutôt parce qu'elle a eu la main coupée ! Proprement. Pas sciée mais bien coupée avec un objet type scalpel. L'inspecteur Rovère, l'impeccable juge Nadia Linzt, vont tenter d'identifier un peu plus la victime, connaître ce que l'on appelle communément ses michetons. Et puis, voilà une autre victime, une peintre, toujours la main coupée... Une troisième, diplomate scandinave. L'affaire se corse, devient inextricable. Et l'auteur de nous décrire les petits pas de l'enquête, prenant le temps d'accompagner les protagonistes dans leurs bonheurs et leurs malheurs quotidiens. Sans en faire des tonnes. C'est cela aussi la marque de ce polar, une certaine délicatesse. En même temps, Thierry Jonquet a l'intelligence de céder sa plume au tueur qui, sans évidemment livrer son identité, donne des pistes, des indices sur son obscure quête, sa fixation psychiatrique.

Roman qui fait ressurgir les démons de la Seconde guerre mondiale, Les orpailleurs séduira tous les amateurs de solides traques policières, comme il ravira les fans d'Histoire et, enfin, les lecteurs exigeants, attachés à la profondeur des intrigues. Les dernières pages sont, à ce titre, proprement stupéfiantes, révélant une atroce vérité, tout comme elles renversent la perspective du livre. Prochaine étape donc, Mygale.

Les orpailleurs, lu dans le recueil Romans Noirs, ed. Folio, 339 pages, 12 euros.

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