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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Une pluie sans fin : pas besoin du K Way

Une pluie sans fin : pas besoin du K Way

Mais bien sûr que c'est une excellente idée. Imaginez une ligne qui, dans le sud des Etats-Unis, passe par l'Alabama, le Mississippi, la Louisiane, un bout de Texas. Une ligne où, au sud, on ne voit plus le ciel, obscurcit par d'incessantes pluies, tempêtes de vent, orages de grêle et tornades. Un paysage de flotte, de boues, de maisons dévastées, de routes emportées... Une ligne appelée la Limite et au-delà de laquelle le gouvernement refuse désormais d'intervenir pour restaurer, réparer, ou rénover. Voilà le concept d'Une pluie sans fin, le roman apocalyptique de Michael Farris Smith. C'est sombre. C'est inhumain. Mais, honnêtement, on s'ennuie ! Eh oui. Ou comment flinguer une idée, ma foi, assez épatante.

Cohen vit seul depuis le décès de sa femme enceinte. Fils de maçon, maçon lui-même, il s'accroche dans la zone au sud de la Limite, à la maison qu'il a construit de ses mains. Pour toute compagnie, il a un chien et une jument. Et parfois un trafiquant d'objets de première nécessité, ami de feu son père. Un jour de pluie et de poisse, il se fait faucher sa Jeep, les marchandises qu'elle contenait et manque de se faire proprement occire. Il va tenter de reprendre son bien et tombe sur une communauté, emmenée par un fou christique, Aggie...

C'est assez lent, assez mou. Mais surtout convenu. Cohen, le gentil mec qui a perdu sa femme et qui ne se remet pas de son chagrin, on a l'impression de l'avoir vu dans 150 livres. Aggie, le fou qui s'en remet aux Saintes Ecritures, c'est presque un classique de la schizophrénie US. La petite ado qui trouve en Cohen, une présence paternelle rassurante, là aussi... Et je ne parle pas du trésor soit disant enfoui près d'un casino, des souvenirs de vacances à Venise (la ville sur l'eau, vous voyez la référence ?). Bref, on est un peu embarrassé par cette lecture, on en voudrait plus, on cherche un truc pour décoller. Et ça ne vient pas. Avec un tel décor, sans doute inspiré par Katrina et ses dégâts, Michael Farris Smith aurait pu fournir quelque chose de plus original, de plus fouillé.

Bon, les Editions Super 8 ne peuvent pas non plus mettre chaque fois la main sur des pépites...

Une pluie sans fin, Michael Farris Smith, édition Super 8, 439 pages, 20 euros.

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