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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

La chambre blanche : Newcastle de l'ombre à la lumière... à l'ombre

La chambre blanche : Newcastle de l'ombre à la lumière... à l'ombre

" L'air était saturé de fumée de cigarettes, d'odeurs de bière rance et de crasse. Les quelques clients étaient vieux et fatigués. Ils étaient là parce qu'ils n'avaient nulle part où aller. Dispersés dans la pièce, il y avait des individus petits, à l'air sournois, des rats humains qui glissaient entre les lattes du plancher de la société. " Deuxième roman de l'Anglais Martin Waytes, La chambre blanche offre une vision chaotique de l'industrieuse Newcastle à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale. Ville oubliée où la prostitution se transmet de mère en fille, où les pères offrent leur fille pour quelques schillings, où la castagne pour un bout de quartier fait des dégâts sans nom.

La chambre blanche, c'est celle de Monica Blacklock, quand elle reçoit ses " clients ". Une chambre orné d'un Christ en croix. Monica, la traînée, Monica, la mère indigne. Qui s'est amourachée de Brian, jeune crapule qui, revenu à Newcastle, va essayer d'entuber tout le monde.

Dans ce décor de misères, il y a Jack, personnage héroïque. Héros de la guerre marqué par la vision des camps, bosseur sur tous les chantiers qui se présentent, socialiste et joli coeur. Bref, le bon mec dans toute sa splendeur. Avec toutes ces qualités, pas étonnant qu'il grimpe les échelons de l'entreprise de son pote Ralph Bell. Tous deux profitent de l'ascension politique de Dan Smith, élu travailliste, qui gagnera bientôt la mairie avec des projets, notamment immobiliers, plein les tiroirs. Tout ce joli monde va se retrouver, va se croiser, faire de l'argent, se faire chanter.

La chambre blanche est un roman d'une rare noirceur, avec des scènes extrêmement dures (celle de l'accouchement entre autres) mais il y a un truc qui cloche, c'est la présence de ce personnage historique de Dan Smith. L'auteur avait du matériau, avait un projet, mais il a mélangé sa peinture d'un Newcastle avec le désenchantement, les magouilles du pouvoir travailliste. On se contrefiche un peu de savoir que l'homme politique va se prendre les pieds dans cette histoire de pots de vin. Du coup, malgré de très forts passages, une histoire qui tourne très bien par moment, il y a un énorme décalage. Après le très réussi Né sous les coups, parfaitement maîtrisé dans sa dimension politique, une petite déception.

La chambre blanche, Martyn Waites, ed Rivages, 429 pages, 22 euros.

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