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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Petit traité de la fauche : double Jameson et poisse totale

Petit traité de la fauche : double Jameson et poisse totale

Un looser, Klinger en est un beau. Mais, en même temps, c'est un veinard. Dans sa bonne ville de San Francisco qu'il connaît comme sa poche, il sait toujours prendre le bon chemin pour ne pas tomber sur la flicaille. Par exemple, lorsqu'il se mange un joli lampadaire, en pleine nuit avec ce dingo de Chainbang. Juste après le casse d'une misérable épicerie au cours de laquelle son "collègue" a tout de même frappé le gérant avec un poulet surgelé de cinq kilos. Eh bien, malgré le braquage, malgré l'accident, lorsque la police de San Francisco débarque, Klinger passe entre les gouttes. Et avec les quelques dollars en poche, il va se choisir un hôtel bien miteux et un bar qui l'est à peine moins : L'écubier, sorte de rade miraculeux où les ivrognes parlent tout seul, le barman se présente en slip de cuir et les clients jouent avec un couteau entre leurs doigts. L'écubier, phare de la vie de Klinger, où Frankie, un autre collègue de taule, va lui proposer une petite arnaque, qui tournera mal. Bienvenue dans une spirale tragicomique.

Petit traité de la fauche porte parfaitement son nom. Jim Nisbet suit les pas de ce Klinger, toujours occupé à compter mentalement les maigres dollars qui lui restent dans sa poche après s'être envoyé des double Jameson. Petit traité de la fauche ou Petit traité de la non conformité, tant le héros de Nisbet semble hors du monde: réfractaire aux téléphones portables, à leurs applis, à leur intérêt même. Ce qu'il veut lui, c'est siffler son whisky et ne pas trop travailler, voler d'accord mais surtout ne pas tomber dans la voyoucratie. Tellement peu à l'aise dans le monde où même les femmes lui font peur.

Très drôle, ce Petit traité de la fauche n'est que le deuxième Nisbet qui me tombe entre les mains après le noir Comment j'ai trouvé un boulot. Ici, l'auteur californien est vraiment plus dans une veine à la Westlake ou Iain Levison, avec un personnage qui ne s'en sort pas et qui ne veut, finalement, pas s'en sortir. Il y a au passage une belle critique de la société mais surtout des scènes irrésistibles avec ce vieux racontant l'histoire d'un cow boy dans un bar, la working girl qui allume Klinger dans une chambre de motel pourrie... Rafraîchissant.

Petit traité de la fauche (trad. Catherine Richard-Mas), ed. Rivages, 238 pages, 8,80 euros.

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