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The killer inside me

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Littérature noire

A vol d'oiseau : Longmire au coeur du monde cheyenne

A vol d'oiseau : Longmire au coeur du monde cheyenne

Craig Johnson met une application remarquable à ne pas se répéter et à situer son shériff, Walt Longmire, dans des situations toujours différentes. Dans les montagnes des Bighorns (Tous les démons...), dans un avion (Steamboat), à Philadelphie (L'indien blanc)... chaque fois, il s'agit de briser la monotonie. Le lecteur est loin du policier et de son commissariat, du privé et son bureau. Et cela a son charme. Dans A vol d'oiseau, le sheriff du comté d'Absaroka part avec son ami Henry Standing Bear dans la réserve cheyenne pour repérer le lieu où sa fille, Cady, veut se marier. Petit souci, une inflexible bibliotécaire a choisi ce même site pour un stage linguistique. Longmire et Henry se dirigent vers un autre lieu tout aussi mystique. Lors de leur visite, ils assistent à la chute de 30 mètres d'une jeune fille, son bébé dans les bras ! Si le nourrisson s'en sort indemne, la mère, elle, rend son dernier souffle dans les bras du shériff. Même hors de sa juridiction, Longmire va chercher comment un tel geste a pu être possible. Sur sa route, il y aura l'incandescente chef de la police indienne, Lolo Long, mais aussi le drôle Lonnie Little bird (croisé dans la nouvelle Un vieux truc indien), le violent Artie Small Song, la femme d'un bottier... une jolie galerie de personnages et l'occasion pour Craig Johnson de développer une partie de la vie en réserve, ce qui n'est pas le moins intéressant dans A vol d'oiseau. Les liens de famille, l'importance des allocations, les cheyennes qui tombent dans l'alcool, les casinos, les gamins qui jouent dans une bassine d'eau... Et puis il y a cette immense scène du peyotl, où Longmire plane à dix mille pieds lors d'une cérémonie chamanique dans un tipi. Comme d'habitude, le cow boy va prendre son temps, faire preuve d'un minimum de violence et cerner petit à petit son coupable.

Craig Johnson ne baisse pas la garde et A vol d'oiseau est une nouvelle preuve de son immense technique, doublée d'une certaine poésie. Moins impressionniste que dans ses précédents romans, il s'attache aux indiens, avec un immense respect, sans jouer les ethnologues ou les occidentaux babas. Son intrigue est remarquable, ficelée de main de maître. On peut juste regretter un manque de chair parfois. Le personnage de Clarence par exemple méritait un autre éclairage. Craig Johnson devrait nous en dire plus sur les réserves au 21e siècle. Tony Hillerman disparu, il pourrait être un formidable témoin. Mais cela ne gâche en rien un polar énergique, où la patience vient à bout de toutes les questions.

A vol d'oiseau (trad. Sophie Aslanides), ed. Gallmeister, 354 pages, 23, 80 euros.

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Léa Touch Book 28/05/2016 11:26

J'ai hâte de le lire :)