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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Le voleur qui comptait les cuillères : le retour du libraire-cambrioleur

Et revoilà Bern Rhodenbarr. Le mythique libraire cambrioleur installé entre Broadway et la 11e rue. Cette fois, un énigmatique monsieur Smith, collectionneur compulsif (et riche) de tout ce qui a trait aux boutons, lui demande de voler, dans un musée privé, le manuscrit original de The curious case of Benjamin Button. Un casse assez simple finalement que Rhodenbarr va réaliser avec le soutien de son amie de toujours, Carolyn, shampouineuse pour canidés et lesbienne assumée. Voler, ce libraire a cela dans le sang depuis des années maintenant : " je ne peux pas l'expliquer rationnellement, et pas davantage y renoncer. Inutile d'essayer. Je suis un voleur-né et j'adore voler ". L'histoire ne s'arrête heureusement pas là puisque Smith veut maintenant une petite cuillère en argent datée du 18e siècle, représentant Button Gwinett, second signataire de la Déclaration d'Indépendance. Et puis voilà Ray Kirschmann, inspecteur du NYPD qui vient demander l'expertise de Bern après le meurtre d'une vieille dame très riche à son domicile.

Très old school avec beaucoup d'humour, Le voleur qui comptait les cuillères est le nouveau Lawrence Block (près des 80 ans tout de même), figure du polar américain dans les années 70, 80. Si sa prose a pris un coup de vieux, il ne connaît pas moins les ficelles du métier et sa nouvelle aventure de Rhodenbarr vaut le détour. D'abord par son sens de la narration, à base de dialogues très rythmés, de conversations piquantes et d'une envie de raconter des histoires et l'Histoire de Etats-Unis. Block y mêle aussi, forcément avec un héros libraire, quelques références littéraires sur Fitzgerald, sur Mc Bain, Richard Stark. Et puis il y a ce changement de cap dans l'histoire avec Rhodenbarr qui assiste son pote Ray pour découvrir qui a tué cette pauvre petite vieille. Une fin à la Agatha Christie avec réunion des membres de la famille, indices doucement dévoilés, réactions attendues... Lawrence Block ne cherche plus à épater la galerie, il se contente, avec talent, de fournir un divertissement impeccable, dans la grande tradition américaine. Les amateurs de cette vieille école, pétrie de bonnes manières et d'écriture délicate apprécieront. C'est bon aussi de sortir des campagnes peuplées d'accros à la meth.

Le voleur qui comptait les cuillères (trad. Mona de Pracontal), ed. La série noire, 345 pages, 21 euros.

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