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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Les meilleurs ennemis T3 : un must pour expliquer la Syrie, l'Irak, l'Afghanistan...

A l'heure où les Etats-Unis vont se doter d'un nouveau président pour le moins novice dans l'art subtil de la diplomatie, le troisième tome de la série " Les meilleurs ennemis, une histoire des relations entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient " tombe à pic. Dans cette bande dessinée, qui est aussi un essai graphique, depuis cinq années, l'universitaire et ancien diplomate, Jean-Pierre Filiu, associé au dessinateur David B. retrace les liens forts, tendus ou hypocrites entre la première puissance mondiale et ce coin de planète aux intérêts si divergents. Le troisième tome retrace donc les années 1984 à 2013, pas les moins agitées il est vrai, de la guerre Iran Irak,à l'opération Géronimo pour flinguer Oussama Ben Laden. Bien sûr il y est question des grandes lignes, les plus connues, à savoir la politique de faucon des USA sous l'ère Bush père, les tentatives de diversion de Clinton sur sa politique intérieure, la volonté de Bush fils de faire tomber Saddam Hussein et donc d'inventer le prétexte des armes de destruction massive. Avec Obama et l'histoire récente, c'est plus la couardise dans le conflit syrien qui est mis en lumière. Donc, beaucoup de choses que l'on sait pour qui s'intéresse à cette partie, si intrigante, de la planète. Mais il y a aussi des dessous très intéressants, une anecdote sur une lettre " insultante " de Bush à Saddam Hussein en janvier 1991, la façon dont Clinton s'incruste dans l'accord d'Oslo entre Rabin et Arafat, les mauvaise relations de Netanyahou et Obama...

Une bande dessinée passionnante, évidemment rendue unique par le trait si spécial de David B (Le capitaine écarlate, Les faux visages, L'ascension du Haut-Mal...), tout en noir et blanc,chargés de symboles, chaque case se voulant une illustration se suffisant à elle-même. David B a un trait tellement particulier, à la fois simple et fait de rondeurs, se rapprochant autant de la caricature que du dessin de presse à la Willem.

Quand la bande dessinée élève autant son niveau, pour faire fonction de mémoire comme de piqûre de rappel, on n'a plus affaire à un art mineur. Le genre de livre qui ne se démode pas.

Les meilleurs ennemis, troisième partie 1984/2013, JP Filiu et David B, ed. Futuropolis, 95 pages, 18 euros.

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