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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Zig Zag : un inédit un peu tarabiscoté de Ross Thomas

Ross Thomas, décédé il y a une vingtaine d'années, a fait les beaux jours de La Série Noire et de Rivages sur la fin. Aujourd'hui c'est Sonatine, fidèle à sa politique des petites perles pas encore traduites, qui sort Zig Zag (Chinaman's chance), paru en 1978. Le lecteur habitué des oeuvres de cet autre auteur de l'Oklahoma retrouve là Artie wu et Quincy Durant, sorte d'aventuriers, un brin flibustiers et spécialistes de l'embrouille politique, mêlant la CIA et des trésors en cash. Cette fois, sur la plage de Malibu Beach, Wu appâte Randall Piers, multi-millionaire, il réussit à approcher le riche californien à la fois avec un pélican mort mais aussi avec l'excellent café de son partenaire Quincy. De fil en aiguille, Piers va leur confier la lourde tâche de retrouver sa belle soeur, ancienne chanteuse célèbre, désormais aux prises avec le terrible secret d'un député incorruptible mais désormais raide mort. Le preux homme politique était au courant d'une vaste main mise de la mafia sur Pelican Bay, petit coin de la côte de Los Angeles, où un énorme projet immobilier est en préparation, avec Vincent Imperlino aux manettes, grand stratège de cette Cosa Nostra. Mais Wu et Durant, enfin surtout ce dernier, veulent surtout approcher l'homme de confiance d'Imperlino : Simms ancien agent de la CIA, ou quelque chose comme ça, que le duo a tragiquement croisé au Viet Nam. D'accord ce n'est pas super limpide comme intrigue. A ce décor, il faut ajouter un jeune marine, un flic ambitieux, un mafieux d'opérette qui tient une salle de sports et pourquoi pas cette prostituée aux chevilles sales. Belle brochette.

Tarabiscoté, compliqué dans ses longs flash backs, ses enquêtes qui se croisent, Zig Zag se sauve par la qualité de ses dialogues ciselés et très drôles. Il y a certains passages où le lecteur se sent perdu mais deux, trois répliques et une description terrible d'un nouveau personnage suffisent à maintenir l'intérêt. Parsemez de quelques descriptions bien senties de certains quartiers de LA et l'ambiance est plutôt fun. Si c'est une rareté, une jolie trouvaille, ce n'est évidemment pas le meilleur Ross Thomas, adepte d'une littérature populaire. On pourra lui préférer Traîtrise ou Au doigt et à l'oreille. Zig Zag permet de rappeler à quel point Ross Thomas était quand même un sacré monsieur du roman policier. Pas un hasard si Manchette s'y intéressait.

Zig Zag (trad. Patrick Raynal), ed. Sonatine, 478 pages, 14 euros.

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