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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Karst : grosse magouille sur les ressources en eau

Pollution des eaux, projet immobilier mais aussi casse sociale, Karst, premier roman de David Humbert brasse avec habileté plusieurs thèmes, sans en faire des tonnes, sans se montrer lourdingue. Une bonne histoire, un bon personnage central, l'auteur semble déjà avoir compris les exigences minimales du roman policier. Mais pas que... Le jeune lieutenant de police Paul Kluber vient d'être muté à Rouen, sa ville natale, après quelques rapides années au 36. Une mutation disciplinaire sur laquelle l'auteur ne s'étant pas, tant mieux, pas la peine d'introduire de suite Kluber comme LE héros. Bref, une fois en Normandie, Kluber a deux chats à fouetter. D'abord une histoire de pollution des sources d'eau de la commune, avec un traceur chimique, encore non toxique à ce taux pour les consommateurs. En enquêtant, le lieutenant découvre que la protection des sources d'eau gêne forcément quelques projets d'expansion dans la région. Deuxième dossier, une bande de caïds des cités s'introduit auprès des salariés en grève d'une usine pour tout casser pendant les manifs. Au passage, Kluber se fait lui bien rétamer le portrait !

Bien sûr les deux enquêtes vont se croiser et, dans la première, David Humber va faire valoir ses talents d'hydrogéologue, lui, le correspondant de Science et Vie en la matière. Tout expliquer aux lecteurs du ruissellement, du rôle de ce fameux karst dans l'approvisionnement en eau et puis aussi l'importance de la craie. Tout cela est dit sur un ton assez vulgarisateur, le lecteur se retrouvant dans la peau du lieutenant qui n'y comprend, au départ, goutte (fallait le placer). Le moment où Kluber descend en spéléologie dans les entrailles du karst est flippant à souhait et très bien rendu. A la fois belle enquête policière, avec ce qu'il faut de scènes musclées, de meurtres un peu sauvages et une ouverture de roman bien calculée, mais également roman sur une région normande pas épargnée ni par les magouilles ni par les situations sociales explosives, Karst est une belle réussite, qui n'est pas sans rappeler le ton impliqué  de Pascal Dessaint. Sans atteindre toutefois les cris de douleur humaniste de l'auteur toulousain il est vrai. Ne serait-ce cette couverture un peu ratée, Karst, par son humilité et son intrigue, vaut largement le détour.

Karst, ed. LIana Levi, 381 pages, 20 euros.

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