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The killer inside me

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Littérature noire

La fête des fous : James Lee Burke et la rédemption dans la violence

Il faut profiter de James Lee Burke. Il faut profiter de sa prose même s'il n'a plus aujourd'hui la verve de ses premières années d'écrivain. Le créateur de Robicheaux a 80 ans désormais et continue d'écrire une Amérique du Mal, des histoires de rédemption, des amours où la Saint-Valentin est une succession de cadavres, où des innocents, les enfants comme les plus pauvres, sont la proie des pires prédateurs. Avec La fête des fous (en collection roman noir et non plus thriller comme Dieux de la pluie, le précédent de la série), JLB reprend son cycle Hackberry Holland,  Le fin connaisseur de l'oeuvre de Burke n'a certainement pas oublié Texas Forever. Ici, on retrouve donc Hackberry Holland, shériff texan à la frontière mexicaine. Pas question de narcos, de cartels mais plus globalement du Mal. Incarnés par diverses figures. D'abord cette espèce de malade de prêcheur Jack Collins, celui qui avait dézingué, dans le précédent épisode, neuf asiatiques, mules de la pègre avant de les enfouir dans le sable. Collins, psychopathe très intelligent, a pris sous son aile un fuyard, Noé Barnum, ex ingénieur, spécialiste de drone. Un bonhomme qui a de la valeur sur le marché. Le mercenaire Krill, ancien bras armé des USA, souhaiterait le vendre au plus offranr. Et puis Sholokoff, gangster russe aimerait lui aussi récupérer ce Barnum. Des méchants en veux tu, en voilà, mais bon, visiblement, ce coin de la planète, no man's land de la morale, produit plus de délinquants que de poètes. On n'est pas à Honfleur ! Mais, heureusement, il y a un îlot de bonté, de générosité avec Anton LIng, personnage très christique, ancienne de la CIA, désormais attachée à secourir les migrants mexicains qui risquent leur peau dans le passage de cette frontière.

James Lee Burke n'y va pas avec le dos de la cuillère, force les traits de caractère de ces personnages mais arrive brillamment à faire avancer son histoire, son intrigue. Noé Barnum restant insaisissable, y compris pour le FBI pressé de le récupérer. Et tout cela va créer de l'impatience. Sholokoff va accélérer les choses de la pire des manières, dans une scène de crucifixion totalement folle et le roman va ainsi aller dans un crescendo de violences.

D'accord, La fête des fous n'est pas le meilleur James Lee Burke et d'accord cela fait longtemps qu'il ne nous a plus surpris. Mais, pas grave, on marche avec lui. Et franchement son personnage du prêcheur Collins armé d'une Thompson vaut largement le détour. Encore une fois un vrai vilain réussi. Hackberry Holland aussi est pas mal dans son genre avec, oui c'est classique, ses cauchemars de prisonnier en Corée. Il n'empêche que, lointain cousin de Robicheaux, ce Hackberry Holland a son univers, que le Texas, vu comme ça, est un sacré personnage romanesque et que les moments de grâce quand les vieux personnages de James Lee Burke se retournent sur leur passé, sont toujours là. Et c'est ainsi que devrait se conclure les aventures de ce shériff texan, prévues comme une trilogie.

La fête des fous (trad. Christophe Mercier), ed. Rivages, 554 pages, 22, 50 euros.

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