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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Mauvaise prise : entre Westlake, Elmore Leonard, les Pogues et Benny Hill

"Si je devais dresser une liste des moments potentiellement traumatisants dans la vie d'un homme irlandais, le classique de la balle dans la tête arriverait en premier, avec l'examen du permis de conduire et tourner Papa sur le côté pour qu'il ne s'étouffe pas avec son vomi, surtout quand la tentation est grande de laisser le vomi faire son oeuvre." Après Prise directe, il y a cinq ans déjà, l'ex-auteur jeunesse reprend avec Mauvaise prise, son personnage d'Irlandais videur de boîte, dans le New Jersey. Danny McEvoy est cette fois en presque couple avec Sofia, traumatisée par son mari ivrogne, il doit aussi rendre un service à Danny, petit caïd pour lequel il va transporter 200 000 dollars de bons au porteur, enfin, sa tante, celle qui lui a appris "à caresser les seins d'une femme" refait surface après 20 ans d'absence. Ancien casque bleu de l'ex-Yougoslavie, du Liban, mais aussi soldat clandestin dans son Irlande natale, McEvoy va se retrouver dans mille et uns traquenards.

Bien mieux maîtrisé que son prédécesseur, ce roman très pulp, très drôle, renvoie le lecteur à Westlake, Elmore Leonard (cité d'entrée !) ou, plus récemment Todd Robinson, Duane Swierczynski, Ce Mauvaise prise rappelle aussi l'hilarant Desperate Hours de Michael Cimino, tant le personnage principal tombe de galère en galère dans une seule journée, sans véritable crédibilité mais le lecteur sait à quoi s'attendre dès le départ. Il s'agit d'un roman de gare au meilleur sens du terme, très rythmé, avec énormément d'humour. Et la scène où l'ancien Casque bleu, en string rouge, frappe deux policiers avec un godemiché vaut son pesant de zygomatiques ! Sans doute que Eoin Colfer est un peu bavard avec ce Danny McEvoy qui n'arrête pas de sortir punchline et références populaires, des Pogues, à Benny Hill, sans oublier la série Deadwood, le jeu Call of duty, Matrix.... Pas grave. C'est souvent bon. "Mon psy, Simon Moriarty, m'a dit un jour que j'étais obsédé par la vengeance. Ce à quoi j'ai répondu : Obsédé par la vengeance ? Qui a dit ça ? Je vais le tuer.". "Lorsqu'il s'agit de vengeance, les Irlandais font passer les Siciliens pour des Canadiens ". " Je ne tiens à tuer personne si ce n'est pas nécessaire, mais pour être honnête, je suis un peu moins antihomicide qu'hier."Il y aussi quelques passages, bien tournés, sur la jeunesse de McEvoy, l'alcoolisme de son père, la tragédie familiale, de quoi épaissir le personnage, ne pas lui donner simplement un costume de clown costaud. Donc, oui, Mauvaise prise, sans être le roman de 2017, est vraiment agréable, comme un bon vieux film de castagne de Schwarzy.

Mauvaise prise (trad. Sébastien Raizer), ed. La Série Noire, 318 pages, 22 euros.

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