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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Voleurs : blues meurtrier sur les routes du Texas

Un plaisir coupable de road movie sanglant. C'est ça, Voleurs. Une énorme dose d'adrénaline,

conjuguée à une visite caniculaire du Texas, saupoudrée d'humour, de blues et de bières froides. Initialement il y a 15 ans, Rivages a eu le bon goût de le rééditer en poche pour son trentième anniversaire. Avec une préface inédite de l'auteur, expliquant sa galère pour se faire publier, jusqu'à ce que François Guérif tombe sur le texte et soit le premier à sortir cette incroyable bombe d'ironie, politiquement incorrect, toujours sur un faux rythme.

Ray Bob et Eddie sont deux teignes texanes. Le premier est issu d'une famille de rednecks du fond de l'Est du Texas, genre Delivrance, racistes, violents, criminels. Authentique sociopathe. C'est sûr qu'à ses côtés, Eddie, guitariste de blues un peu rêveur, passe pour un ange. Pourtant c'est bien lui qui met le feu aux poudres dans la station service lorsque l'employé lui dit que le paquet de cigarettes c'est quatre dollars et un cent. Pas seulement quatre dollars. Problème, Eddie n'a pas le cent, il est fauché, juste quatre dollars. L'employé, pas malin sur le coup, se monte inflexible et s'alourdit de quelques grammes de plomb... C'est toute l'histoire de ce duo. Une violence inattendue ou presque. Des braquages minables, des innocents abattus comme des chiens. Et un flic ou plutôt un Ranger sur leur trace, Rule. Un vrai chien renifleur, caractériel, qui succombe aux charmes explosifs de la femme de son collègue, caresse la tête de son clebs Lefty pendant qu'il roule à travers la moitié de l'Etat.

Christopher Cook possède une prose sublime, un style bien à lui, peu académique, collant à ses personnages pour le moins frustres. Cook ne va pas chercher dans le vocabulaire précieux, ses dialogues s'ouvrent par des il dit, disant... respectant ainsi à la lettre une des règles d'Elmore Leonard, cité dans le livre, au même titre que James Lee Burke, auquel il emprunte avec classe, de belles descriptions des marais du Texas. Comme patronnage, on a fait pire ! Brut de décoffrage, les personnages parlent crûment, sans vouloir choquer, sans vice, juste parce que c'est leur vie : "les chattes c'est comme le fric fit observer Eddie. Y en a partout et tu peux toujours mettre la main dessus." Ou encore " Tu vois le goût que ça a une femme quand elle ovule, Rufus ?" A côté de ça, Voleurs est un beau livre sur le blues, sur ses musiciens, leur histoire dans ce Sud, les gigs joués devant un public occupé à manger des crabes au barbecue, des gombos de crevettes... Totale réussite et plaisir énorme.

Voleurs (trad. Pierre Bondil), ed. Rivages, 548 pages, 8, 70 euros.

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Christophe 23/08/2017 16:39

Un classique non ?

Nicolas 23/08/2017 16:03

Super bouquin, j'ai adoré.