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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Killarney blues : le lecteur aussi peut se noyer

Killarney blues aurait pu être un bon roman noir irlandais. Mais il souffre trop de multiples

faiblesses pour entrer dans cette catégorie. Une intrigue, en premier lieu, qui a du mal à se dessiner avant la 200e page. Ensuite trop de personnages secondaires (9 au moins) dont on ne sait jamais s'ils vont être déterminants et qui n'ont pas le temps de prendre leur place en 270 pages. IL y a également une Irlande discrète, peu entrevue ou alors pas assez creusée : Colin O'Sullivan, l'auteur, parle bien d'un pays frappée par la crise, il s'appuie sur ces trois copines trentenaires perdues dans leur vie et leurs saouleries du week-end mais on n'en sait guère plus sur la Verte Erin moderne. Enfin, et c'est sans doute anecdotique, la présence du blues ne sonne pas très juste ou, là encore, l'auteur ne va pas assez loin dans cet amour musical, il aurait dû nous raconter quelque chose de plus fort, de plus intime, par exemple un vieil enregistrement de 1951, d'un bluesman mythique, un disque collector, une anecdote, un truc un peu vrai.

Mais l'histoire ? C'est celle de Bernard Dunphy, un jarvey, c'est-à-dire un cocher, qui trimballe les touristes dans cette ville de KIllarney, haut-lieu touristique du sud-ouest de l'Irlande sur les bords du lough Leane. Lac, où le père de Bernard s'est suicidé il y plusieurs années. Et ce n'est pas le seul malheur de Bernard, diagnostiqué très tôt avec un léger autisme. Rien toutefois qui ne le rend associal, puisqu'il a toujours son ami d'enfance, le crétin Jack, et aussi une amie, Marian, dont il est platoniquement épris. Bernard s'en sort grâce à son amour du blues, de sa guitare, l'amour pour sa ville et une forme d'optimisme béat. Cela va changer, un soir de pub, tandis que sa jument mais aussi sa mère se meurent, quand on lui demande de venir, pour la première fois, chanter et jouer sur la scène...

Même certaines tournures sont difficiles, "il va falloir une sacrée thérapie, ou une sacrée quantité d'alcools ou de drogues pour l'oblitérer." Oblitérer ? Ou encore " sa bouchée de salade s'approche de sa bouche"... Roman bancal par moments, peu clair, notamment, quant aux motivations du bastonnage de Bernard ou sur le meurtre du Polonais, Killarney blues manque un peu de tout finalement.

Killarney blues (trad. Ludivine Bouton-Kelly), ed. Rivages, 267 pages, 21 euros.

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