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The killer inside me

Littérature noire

L'arbre aux fées : une déception venue de Tasmanie

Ils sont rares les romans noirs australiens. Il y a quelques années maintenant, il y avait ce démentiel Australia Underground. Puis Conséquences, très déçevant. Mais déjà sur une histoire de disparition d'enfant. Comme L'arbre aux fées de B. Michael Radburn qui sort cette semaine. Taylor Bridges est garde forestier et un jour de tempête de neige, en voiture avec sa fille, il a un terrible accident. Bloqué dans le véhicule, c'est donc son enfant, âgée de huit ans, qui part chercher les secours. On ne la retrouvera jamais. Cela fait un an maintenant que le drame a eu lieu. Taylor Bridges s'est séparé de son épouse, a pris un poste dans un parc naturel de Tasmanie. A Glorys Crossing. Une ville appelée à disparaître puisqu'un barrage hydroélectrique est en construction et la vallée est doucement noyée sous l'eau. Une drôle d'ambiance qui voit le lac grignoter les maisons, les tombes du cimetière... Et puis une petite fille disparaît. Taylor, victime de somnambulisme, prie d'abord pour n'avoir aucun lien avec cette nouvelle tragédie. Mais non, le sergent O'Brien, seul flic du coin, lui explique qu'il y a déjà un type qui avait suspecté il y a quelques années. Et le fils du bibliothécaire, rentré traumatisé du VietNam. Les heures passent et aucune piste ne se dessine.
Polar qui frôle avec le thriller, avec visions d'anges et personnages défigurés, L'arbre aux fées ne tient pas droit sur ses pattes. La première chose c'est que le lecteur ne comprend pas que dans un cas pareil de disparition, les recherches à pied s'interrompent au bout de quelques heures. Rien n'explique dans le roman que les équipes stoppent ainsi le ratissage de la nature alentour. Ensuite l'opposition, flic de la ville habitué à la technologie et ploucs de la campagne est un peu lourde. C'est d'ailleurs le style de Radburn qui est assez pesant : "la vapeur qui montait de son mug lui rappelait la fumée qui s'échappait du capot de sa voiture le jour de l'accident". Ou alors, "le savoir est éternel et l'éternité est longue". On passe aussi sur cet étrange sentiment final vis à vis des coupables... Dommage parce que la Tasmanie est rarement à l'honneur dans la littérature de genre et il y a sans doute un terreau pour un bon roman noir social. Mais c'est le choix de l'auteur de rester en surface.

L'arbre aux fées (The crossing, trad. Isabelle Troin), ed. Seuil, 315 pages, 21, 50 euros
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