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The killer inside me

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Littérature noire

La pêche aux avaros : l'ultime coup de David Goodis

Dernier roman de David Goodis qu'il finit quelques jours seulement avant son décès, à seulement 49 ans, en 1967, La pêche aux avaros jouit d'une introduction magistrale. De celle que l'on n'oublie pas : Calvin Jander publiciste à Philadelphie est au milieu de la baie de Delaware et il nage, il nage sans savoir si la côte est devant, derrière. Pris par un violent orage lors d'une partie de pêche en solitaire, il se retrouve naufragé. Deux hommes viennent bien en barque près de lui mais, après l'avoir observé, continuent leur chemin. Une bouée lui est tout de même discrètrement jetée. De quoi atteindre, épuisé, le rivage. Là, c'est une jeune femme qui va l'accueillir dans une cabane abandonnée, au milieu de nulle part. Un homme, colosse, connaissance de la fille, arrive et les guide jusqu' à une maison tout aussi abandonnée. Une bande se cache là. Pas vraiment un couvent de Franciscains. Calvin doit s'enfuir mais le visage de la fille qui l'a sauvé ne lui est pas inconnu. Il a du mal à se rappeler. Jusqu'à ce qu'elle l'aide à regagner la civilisation.
Etrange atmosphère dans cette Pêche aux avaros, où Calvin Jander flotte comme un anti-héros solitaire, bien décidé à porter secours à cette bonne âme qui l'a sorti des eaux. Mais qui ne semble pas prête à le rejoindre. Roman noir mais pas polar qui joue sur la mémoire comme Nightfall jouait sur l'amnésie. En deux flashbacks, David Goodis envoie toute la matière d'une histoire très old school, avec ses voyous endurcis, la femme alcoolique et surtout cette Vera troublante (The raving beauty du titre original, également intitulé Somebody's done for). Il y a un autre mystère ici, c'est le choix du titre français. Même en parcourant le prodigieux Retour vers David Goodis de Philippe Garnier (ed. La table ronde) ou le livre des 70 ans de La Série Noire, personne n'explique le choix, au minimum étrange, d'abord de cette pêche mais aussi de ces avaros...
Il n'en reste pas moins que c'est du Goodis, c'est la classe, c'est souvent très beau - comme cette entrée dans le club L'Améthyste - et c'est surtout très original dans le genre.

La pêche aux avaros (The raving beauty ou Somebody's done for, trad. Jean Rosenthal), ed. Folio, 187 pages, 8 euros

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