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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Somnambule : barbecue, mensonges et Dostoiveski

Martin Wick se fait rôtir comme un poulet alors qu'il est encore attaché, et mourant, sur son lit de l'hôpital St Mary, à Manchester. Mais bon, qui cela peut-il émouvoir, l'homme purge une peine à la prison de Strangeways, pour le massacre, il y a douze ans, d'une femme et de ses trois enfants ? Le problème c'est qu'un flic en uniforme chargé de la surveilance s'est fait suriner et un deuxième, l'inspecteur principal Sutcliff, s'est pris un retour de flammes qui l'a envoyé dans le coma. Qui dit Sutcliff, dit Aidan Waits, son binôme, ex camé, condamné à la brigade de nuit, bourré de cauchemars, marqué par une réputation de ripoux, violent, un peu branleur. Il est le seul rescapé de cette nuit de sang et de feu. Sa hiérarchie lui met la pression pour comprendre ce qui s'est passé et lui adjoint une coéquipière, Naomi Black. Premier objectif : retrouver cette toxico, tatouée sur le visage qui traînait dans l'hôpital, Puis reprendre le dossier Wick. Le criminel tenatit de dire sur son lit de mort qu'il était innocent. L'ex-inspecteur Blake qui avait bouclé le dossier, avant de raconter tout ça dans un bouquin qui lui a valu une fortune, puis le père de la famille massacrée, sont nterrogées. Très vite, un truc cloche...
Somnambule (traduction subtile de Jean Esch), troisième enquête de l'inspecteur Aidan Waits et toujours le même plaisir à retrouver cette plume noire et glauque de Joseph Knox. Son personnage principal demeure toujours autant borderline mais à la différence d'un Harry Hole chez Jo Nesbo, ce Aidan Waits n'est pas forcément un bon gars. En tout cas il ne l'a pas toujours été et il paye sa dette. Il n'empêche qu'il a un certain sens de la justice. Son ombre nuisible, le caïd Zain Carver est toujours là à tirer les ficelles du monde de la nuit. Mais Waits doit aussi affronter les femmes de son entourage. Elles ne lui veulent pas que du bien. Par exemple, sa mère, qu'il a quitté enfant pour rejoindre un foyer, et qui, désormais, est prise en charge par les services sociaux.
Rythmé, très tendu, Somnambule offre un scénario plus noir qu'un mélange arabica-robusta. Et tout aussi puissant. Soyons clair, dans cet entrelacs de suspects, de pistes, il y a deux, trois choses que le lecteur devine. Pas gênant. Knox a le talent pour creuser les plaies, y mettre du sel et recoudre le tout avec du barbelé. Il y a cette scène chez les sans-abris, une autre au fond de la prison de Manchester, celle chez le dealer au crâne défoncé ou lorsque celui-ci chante du Sinatra (grand moment)... Avec un flic qui tête du Johnny Walker, pressé par ses supérieurs, il y a tous les ingrédients du roman noir de haut niveau. Comme dans Chambre 413 ou dans Sirènes, le jeune auteur mancunien s'efforce de fournir une trame classique qui reste très personnelle, avec un certain pessimisme, une douleur omniprésente. Un peu comme le fait Boris Quercia avec son Santiago Quinones. C'est excellent et Joseph Knox confirme donc tout le bien que l'on pensait de lui il y a deux ans.

Somnambule (The sleepwalker, trad. Jean Esch), ed. du Masque, 396 pages, 21, 50 euros

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