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The killer inside me

Littérature noire

Green River : clichés et invraisemblances à perpétuité

Green River : clichés et invraisemblances à perpétuité

Ben tiens ! On n'allait pas passer l'été sans une bonne daube, un livre indigeste, riche en bêtises... A savoir Green River, de Tim Willocks. On surveillait cet auteur du coin de l'oeil, suite à plusieurs chroniques plutôt intéressantes. Mais je ne me souviens plus si c'était pour cet opus. J'espère que non, sinon, adieu le flair. Green River, c'est une montagne d'absurdités. Au départ, pourtant, c'est une prison, Green River, qui sent bon la tension et l'injustice. Avec juste un frétillement d'humanité. Tout ce qu'on aime. Mais ça ne dure pas, trois fois hélas. Et ça part en brioche très vite.

Donc, voici Ray Klein. Un médecin blanc, juif, qui purge une peine d'une poignée d'année pour avoir violé sa petite amie. Ce dont il s'avouera, au cours de pages particulièrement mal écrites, totalement innocent (comme plusieurs autres dans le roman, décidément tous pouris, ces juges ricains) . Là, on se pose la question : comment un médecin, plutôt aisée comme profession, parvient à se faire flouer en justice ? Comment ne fait-il pas appel ? Bon, passons. Condamné pour viol, il ne se fait pas pour autant importuner comme on le voit dans les maisons d'arrêt françaises. Non, le type bénéficie même d'une certaine aura... parce qu'il est médecin. Et champion de karaté. Pour rendre la chose encore plus crédible, il tombe amoureux de la psychiatre de la taule, Devlin. Et le comble, le directeur de la prison annonce à Klein que demain, il sera en conditionnelle et pourra ainsi partir... Pas de bol, il y a une émeute de 300 pages, pour une question de transexuel, de rivalité raciale ! Du grand n'importe quoi que Willocks veut faire passer pour une histoire forte, comme un pan d'Amérique inoubliée, sauf que cela reste vraiment improbable. Truffé de scènes maladroites, irréelles, caricaturales.

On se demande comment ce roman a pu passer les comités de lecture. Le pire, c'est que l'éditeur français (Sonatine) a collé en 4e de couv' une phrase d'Ellroy : " peut-être le plus grand roman jamais écrit sur la prison." Ouais ben Ellroy, il ferait mieux de lire un peu plus. Parce que lorsque Willocks écrit " parfois, la frontière entre l'amour et la haine est très étroite ", bon sang mais... mais... vietato ! dirait nos amis italiens. Les 20 pages de Chamamé sur la prison au Brésil sont mille fois plus puissantes que ces 400 là... A oublier bien vite. Il me reste maintenant Dog Land, toujours de Willocks, sur la Pal. Cela ne peut pas être pire.

Green River, édition Sonatine (sorti en poche) 411 pages, 20 euros.
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