Littérature noire
23 Janvier 2014
Premier roman d'Emmanuel Grand et un sacré défi a priori : mêler le thriller et l'immigration de l'Est dans un cadre breton insulaire. Des éléments assez éloignés, difficiles à manipuler. Peut-être un peu trop au final car Terminus Belz perd en route une partie de son sel, tout l'intérêt de cette immigration, tout le ressort de cette poursuite entre mafia roumaine et réfugiés ukrainiens passe au second plan. C'est la part magique, fantastique qui est privilégiée. Dommage...
Marko a fui Odessa avec trois autres Ukrainiens. Parmi eux, une jeune fille que les chauffeurs roumains tentent de violer sur une aire d'autoroute. Le trio de futurs immigrés se rebellent, pètent la gueule du pourceau en question et prend la fuite avec le camion... Un " accident " qui va mettre en furie le capo de l'organisation roumaine qui demande à l'un de ses fidèles loups de retrouver les fuyards et l'argent. Dragos, tueur froid, prend alors la route, sur les traces de ces pauvres agneaux.
Sur l'île de Belz, au large de Lorient, Marko a opportunément trouvé un job sur un petit chalutier. Son patron Joel Caradec a perdu un fils en mer il y a quelques années et traîne un vague à l'âme aussi épais que le brouillard local. Etranger, mauvais marin, Marko suscite une jalousie, mêlée de rejet. Quelques jours après son arrivée sur ce petit bout de Bretagne, un autre patron pêcheur, Jugand, est retrouvé massacré. Tout le monde évoque alors l'Ankou, ange de la mort, spectre décimeur...
Terminus Belz tombe dans le thriller fantastique avec apparitions inquiétantes, mystérieuses, conciliabules. Emmanuel Grand développe toute une batterie de croyances bretonnes ancestrales, des rites que l'on sait encore assez ancrés au moins dans l'imaginaire populaire. Le roman bifurque totalement de cette affaire de clandestins pourchassés vers un " simple " dossier de résolution d'assassinat. On a beau y mettre un brin de magie, tout cela devient assez classique. Mais aussi très bavard. Même la romance entre Marko et la belle du coin semble forcée, sans parler de l 'ultime scène sur le bateau où Marko se défait de ses liens comme dans un épisode de Scoubidou. Curieusement, ils sont nombreux à avoir eu une autre lecture que moi, dont le collègue Yan.
Terminus Belz, Emmanuel Grand, édition Liana Levi, 363 pages, 19 euros.
Premier roman d'Emmanuel Grand et un sacré défi a priori : mêler le thriller et l'immigration de l'Est dans un cadre breton insulaire. Des éléments assez éloignés, difficiles à manipuler. Peut-être un peu trop au final car Terminus Belz perd en route une partie de son sel, tout l'intérêt de cette immigration, tout le ressort de cette poursuite entre mafia roumaine et réfugiés ukrainiens passe au second plan. C'est la part magique, fantastique qui est privilégiée. Dommage...