Littérature noire
23 Septembre 2025
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Tout cela commence avec un peu d'herbe, du speed. Puis on passe à la cocaïne. Et au buvard de LSD. Toujours à fond. Dans ce début des années 80, Charlie Cohen, fils unique d'un coupe juif dont le père est un psychologue reconnu, directeur de clinique, plonge dans une dépression non diagnostiquée et surtout une schizophrénie criminelle. D'études foirées en voyages hallucinogènes, de rencontres bizarres en crises de folie, le jeune homme né en 1964 désespère ses parents chez lesquels il fait des aller-retours. Un soir de novembre 1988, pour une raison qu'il n'expliquera jamais vraiment, il fait monter son père dans sa chambre et le tue à coups d'haltères. Dans les minutes qui suivent, il fait de même avec sa mère. Assez froidement. Il quitte ensuite le foyer, au volant de la voiture de son père, puis revient pour embarquer, aussi, la voiture de sa mère. Sans aucun plan, sinon celui de continuer à se défoncer, sans aucune idée précise de ce qu'il doit faire, Charlie Cohen va prendre la route à travers le pays, avec la Ford LTD de son père assassiné. Une cavale qui va se poursuivre en bus, en stop pendant 18 mois...
David A. Cassan, journaliste, scénariste et réalisateur, raconte avec moult détails, souvent hallucinants, le road-trip de ce jeune assassin à la dérive, passant par les caniveaux de Tijuana, les squats de toxico de San Francisco pour finir dans les geôles de La Nouvelle-Orléans, un tour des Etats-Unis sous acides et coke à nul autre pareil. Evidemment, c'est le sel de cette série, c'est l'enquête qui demeure le ressort du récit, avec un enquêteur du Delaware qui fait circuler le portrait de Charlie Cohen mais est incapable de suivre une fuite qui n'a rien de cohérent. Encore un excellent épisode.
La fugue sanglante de Charlie Coehn, ed. 10/18 - Society, 214 pages, 8; 30 €