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The killer inside me

Littérature noire

Laissez-moi brûler en paix : de la culture des armes

Soyons une fois encore clair sur ce sujet : la fascination des auteurs de romans noirs pour les flingues, petits, longs, avec ou sans poudre, n'est pas gênante en soi. C'est juste que parfois ils (on a rarement lu des femmes écrire 50 lignes sur des Glock ) ont ce sentiment de supériorité sur le lecteur juste parce qu'ils sont abonnés aux hors séries Armes et équipements du Chasseur Français. Ou au magazine Action. Voire Tirmag. Mais recracher la fiche technique d'un Walther Q5 Match SF, c'est benoîtement ctrl c ctrl v !
Dans Laissez-moi brûler en paix, Peter Farris fait preuve aussi d'une grosse science sur les armes. Mais, à sa décharge, son personnage principal est instructeur, ou plutôt instructrice, de tir. Sallie Crews, après des années dans la police au sein de la task force, à traquer dealers et criminels, parfois comme infiltrée, a choisi, à la quarantaine, d'ouvrir son école de calibres en tous genres, chez elle, en Géorgie. Une belle affaire, et une belle vie depuis qu'elle a trouvé l'âme soeur avec Tommy, ex-flic aussi, abimé par un AVC et des années d'alcoolisme. Bref, à quarante balais, la reconversion est correcte et l'avenir plutôt serein. Jusqu'à ce qu'un juge à la retraite se fasse dézinguer au fusil longue portée. Un juge avec lequel travaillait la task force au moment où les mandats de perquisition pleuvaient à tort ou à raison, et avant tout pour gonfler les stats du service. Puis c'est une femme de cette même task force qui se fait assassiner dans sa caravane. Un matin, Sallie Crews retrouve une douille dans son pick up. Un message assez limpide : elle est dans le viseur. Et une vielle bavure remonte à la surface : une intervention musclée dans une maison, une grenade assourdissante jetée dans un lit de bébé, le nourrisson défiguré, le suspect absent des lieux, un scandale étouffé par la justice... L'enquête sur l'assassinat du juge révèle que celui-ci écrivait ses mémoires et balançait tout sur cette époque, y compris sur le chef de la police qui aujourd'hui se présente au Sénat. L'info fuite.
Peter Farris maintient un rythme constant dans ce qui est un polar abordant autant la culture des armes aux Etats-Unis que la corruption politique, sans oublier les violences policières. Laissez-moi brûler en paix coche toutes les cases du roman noir efficace, avec un usage pertinent de la première personne (Sallie Crews) qui met très bien en tension le lecteur. On retient une scène au cordeau de fusillade au beau milieu d'une course automobile. Une lecture plus qu'agréable même si on peut regretter quelques aspects de la fin.

Laissez-moi brûler en paix (Lay quiet in the fire, trad. Alexis Nolent), ed. Gallmeister, 423 pages, 24, 90 €
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N
Merci pour cette présentation.
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