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The killer inside me

Littérature noire

Morning Star : Longmire fait du basket en santiags et stetson

Plutôt efficace à ses débuts, Craig Johnson était devenu à force d'écrire un roman par an, un tantinet répétitif dans les aventures de Walt Longmire. On l'avait donc littéralement planté après Une évidence trompeuse en 2020, en se disant que l'on y reviendrait forcément, pour voir s'il y avait toujours de la lumière. La quatrième de couverture de Morning star a emporté la décision avec cette jeune cheyenne disparue dans le Montana et les lettres de menaces que recevaient sa soeur. Bigre ! Voilà qui rejoignait la formidable enquête d'Anaïs Renevier avec La disparue de la réserve Blackfeet.
Walt Longmire, avec Henry Standing Bear, se rend donc dans une des réserves pour rencontrer Jaya One Moon, jeune basketteuse prodige au caractère insupportable. Il y a un an, sa jeune soeur Jeannie a disparu curieusement alors qu'elle effectuait un trajet en van avec plusieurs autres personnes : un arrêt pour un ennui mécanique et la voilà qui s'évaporait dans l'hiver. Les menaces envers Jaya sont-elles des répercussions de cette disparition ? Longmire fouille le passé, assez glauque, de la famille. Découvre que le père fricote avec des suprémacistes blancs, du genre à trouver que l'Etat en fait trop pour les Amérindiens. Mais il y a aussi cette contre-religion cheyenne, avec sa mythologie d'un lieu qui absorberait les êtres. Le shérif d'Absaroka y passe d'ailleurs quelques heures à son insu.
Craig Johnson aurait pu s'intéresser davantage au sort des Amérindiennes, premières victimes des violences domestiques au Etats-Unis, plutôt qu'aux règles du basket. Mais il faut aussi reconnaître qu'il ne s'est jamais vraiment penché sur les questions sociales dans ses précédents polars. Il s'efforce de poser son héros face à des méchants souvent bien campés. Avec, souvent, un zeste de mysticisme qui n'est pas désagréable. Ici, il pousse le bouchon un peu loin en introduisant l'histoire d'un pensionnat qu'il ne finit pas. Peut-être le début d'un fil pour un prochain roman.
Au final Morning star, 18e aventure de Longmire tout de même, se lit sans réel déplaisir mais on ne retrouve pas la fièvre des premiers. Ou bien on vieillit. 

Morning star, ed. Gallmeister, 415 pages, 24, 90 €
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