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The killer inside me

Littérature noire

Un homme raisonnable : de la peinture cubaine et des sentiments

Une dose d'humour, une pincée de peinture et un zeste d'intrigue, Un homme raisonnable d'Hélène Couturier a la légèreté d'un dimanche de printemps, une petite musique intelligente et sans prétention, bref, un polar original, malin, qui n'oublie pas de parler sentiments.
Parce qu'il y en a chez Orso Orsini, ce fils de voyou corse, petit-fils d'autonomiste, parti faire le comptable à Paris, pour mettre un peu de distance avec son île trop pesante, à tous points de vue. A 60 balais et des poussières, ce comptable fan de cinéma file un amour tanné avec Montse, sa compagne depuis plus de trente ans, qui lui a donné et un fils, Marti, aujourd'hui en mission humanitaire en Somalie, et le goût de la peinture puisqu'elle enseigne et pratique aussi le délicat art de la reproduction. Mais voilà, un jour Orso découvre que Montse a un amant. Et pas n'importe lequel : un marchand d'art cubain qui a tout de sublime, Ernesto Diaz. " C'était un homme qu'on ne pouvait pas ne pas remarquer, sauf à être rivé à l'intérieur de soi. " Assez curieusement, Orso va ressentir une forme d'attirance pour son rival, pas quelque chose de sexuel mais une attirance tout de même. Il va le suivre. Jusqu'au jour où Ernesto est retrouvé mort, tombé depuis le balcon de son appartement. La commissaire Blandine Blanco (encore un joli jeu sur l'état civil) soupçonne forcément Orso.
Sans en faire des tonnes, Hélène Couturier promène le lecteur sur les châssis de la peinture cubaine contemporaine, après un petit tour chez les impressionnistes. Rien de pompeux, juste une trame pour son récit, une toile de fond pour le coup. Parce que le vrai sujet ce sont donc les sentiments, ceux de Orso pour Montse, qu'il n'a jamais épousé. Ceux aussi pour son grand-père qui lui a tant appris. Pour son fils, qu'il ne voulait pas avoir d'abord et qui maintenant lui manque si cruellement. Tout cela est décrit avec une jolie pudeur et cela fait un roman assez lumineux, pour ne pas dire réjouissant.

Un homme raisonnable, ed. Rivages, 221 pages, 20 €
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