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The killer inside me

Littérature noire

Des garçons comme il faut : meurtre sur fond de classes sociales

Glauque fait divers des années 70 à Rome. Trois jeunes hommes, issus des rangs de la bonne société romaine, dérivent vers les violences façon Orange Mécanique. Leur méthode : promettre à des filles des quartiers populaires de participer à de superbes fêtes dans les plus belles villas de la région. Rien moins que des enlèvements, des viols et des meurtres.
C'est l'été 1975 et Donatella Colasanti se laisse aborder à la sortie d'un cinéma par un beau gosse en DS 20. La voilà invitée à un rendez-vous. L'amie qui l'accompagne refuse. Donatella se laisse tenter et convainc une connaissance, Rosaria Lopez. Elles ont 17 et 19 ans et rêvent de s'extraire de leur quartier de la Montagnola. Elles embarquent à bord d'une Fiat 127, direction le Latium et plus précisément Circéo, dans une villa décrépie. Elles y subissent les pires humiliations, les pires violences avant d'être abandonnées dans le coffre de la voiture deux jours plus tard dans une rue de Rome... si Rosaria est morte dans la villa, Donatella, elle, s'en sort miraculeusement.
Avec Des garçons comme il faut, Serena Gentilhomme s'empare d'une histoire qui a très profondément choqué et marqué la société italienne il y a cinquante ans. Parce que c'est un marqueur du mépris de classes, à travers trois jeunes hommes, fils de bourgeois, pétris d'idées fascistes et largement protégés par le système judiciaire. Le fait divers a même donné lieu à une passe d'armes, via les quotidiens nationaux, entre Italo Calvino et Pasolini. Là aussi, là encore, le fait divers incarne les idées politiques totalement opposées qui traversent l'Italie depuis toujours.
Comme souvent dans cette collection de La Manuf, Serena Gentilhomme fait un travail de collectes d'informations à partir surtout de coupures de journaux. Il manque ce petit témoignage d'aujourd'hui qui permettrait de donner un peu de chair à l'ensemble mais Des garçons comme il faut conserve néanmoins, la force d'un crime terrifiant.

Des garçons comme il faut, La Manufacture de livres, 204 pages, 13, 90 €
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V
Eh bien, quelle histoire ! C'est vraiment tentant à tous points de vue.
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