Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
The killer inside me

Littérature noire

Les bûchers de Calcutta : Calcutta avant Bollywood

J. P. Mullick, c'était un peu l'Indien à qui tout réussi, les affaires mais aussi l'élection à la chambre de commerce, les investissements dans le cinéma, les oeuvres de charité. A Calcutta, c'est une personnalité. Mais morte, depuis qu'un agent a trouvé son cadavre près des bûchers qui sont à proximité des marches qui descendent vers le fleuve. Mort et égorgé, J. P. Mullick. Et c'est Sam Wyndham, malgré ses récents états de service, qui se voit confier l'enquête de ce qui risque fort de faire la Une des journaux. Par bonheur, il retrouve Satyen Banerjee revenu d'Europe le coeur en chou fleur. Un ami revenu chamboulé, qui lui demande de l'aider à retrouver sa cousine photographe curieusement disparue.
On retrouve toujours avec un vrai plaisir les aventures de Sam Wyndham tout simplement parce qu'il y a ce bain, on va le dire, exotique, dans les ruelles puantes de Calcutta, parce qu'il y a toute cette culture qu'Abir Mukherjee explique simplement, parce qu'il y a cette ambiance de fin de colonisation. C'est un tout, quelque chose d'assez léger au final mais qui fonctionne à la perfection. Il est vrai que l'auteur n'abuse pas de considérations psychologiques. Il pourrait certainement creuser davantage les questions de chocs culturels (d'accord il l'a déjà un peu fait précédemment), forer un peu plus profond dans l'âme d'un Wydham partagé entre deux mondes. Non, Mukherjee a choisi cette sorte de flegme britannique, avec un brin de fatalisme et d'humour. Son intrigue se révèle parfaitement efficace, avec un détour par l'industrie naissante du 7e art mais aussi donc, toute une mécanique des pouvoirs politiques, économiques et sociaux, dans ce pays si segmenté. Un roman basé sur des faits authentiques, comme celui de cette actrice qui a caché durant toute sa carrière à Hollywood ses origines indiennes, ou encore cette Anglaise qui a épousé le futur maire de Calcutta mais aussi la lutte pour l'indépendance du pays.
Les bûchers de Calcutta ravira les habitués de cette série et devrait même séduire les amateurs de romans policiers classiques. Enfin, classiques... en sari et à bord de rickshaws !

Les bûchers de Calcutta (The burning grounds, trad. Emmanuelle et Philippe Arronson), ed. Liana Levi, 420 pages, 22 €
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article