Littérature noire
25 Juin 2026
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Un "petit" Westlake pour se détendre en fin de saison, pour parfaire la récupération, retrouver son rythme cardiaque. Et rire. Roman post-mortem, Finie la comédie traînait dans les placards du grand Donald depuis la fin des années 70. Publié aux USA en 2012 et en France en 2014, l'excellent site The Westlake review explique que l'auteur craignait d'être soupçonné d'avoir pompé son intrigue sur La valse des pantins de Marin Scorsese (1983). Et le site de préciser qu'il y a tout de même des différences notables sur le déroulé et aussi sur l'inspiration de personnages réels.
Car Finie la comédie puise son personnage principal chez le comédien Bob Hope. Un mythe du divertissement aux USA mais pas forcément de ce côté de l'Atlantique et particulièrement au 21e siècle. Cela n'a toutefois absolument rien de gênant car c'est du Westlake, ça glisse, c'est intelligent, rythmé et drôle.
Voici donc Koo Davis, un comique de télé rompu à l'exercice, qui a son propre show après avoir bourlingué à travers tous les Etats-Unis et aussi sur des scènes devant des soldats au Viet-nam. Comme souvent chez ce genre de personnalités, si l'endroit se présente sympathique, affable et marrant, c'est le but, l'envers est moins séduisant, avec notamment ce rapport machiste, paternaliste avec les femmes, qui l'a éloigné, sans divorcer, de son épouse et de ses enfants qu'il connaît à peine. On serait à deux doigts de penser que Koo Davis est un sacré connard. Alors quand il se fait kidnapper par une brigade de gauchistes qui réclament la libération de plusieurs prisonniers politiques, le lecteur ne sait plus trop vers qui son coeur doit pencher. Et c'est bien là, le génie de Westlake : parvenir à saisir la complexité de son époque, maintenir une forme de tension entre des terroristes parfois risibles (la réponse des prisonniers concernés par leur ultimatum....) et un animateur, coincé entre les convulsions de son corps malade et ses punch-lines parfois un brin ringardes.
Finie la comédie a la saveur de ces bons romans solides, diablement construits et imaginatifs. Certes, les exégètes du créateur de Dortmunder peuvent trouver quelques faiblesses dans ce texte. Yan encore du noir parle ainsi d'un roman un peu désuet et d'une oeuvre sans doute mineure dans la production de Westlake. Il n'empêche qu'il y a encore une patine et un tour de main - cette scène avec la terroriste nue devant Koo - qui vous scotche.
Finie la comédie (The comedy is finished, trad. Nicolas et Pierre Bondil), ed. Rivages, 383 pages, 21 €.