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The killer inside me

Littérature noire

Il est mort les yeux ouverts : système dépressionnaire au-dessus de Londres

Ré-ré-réédition d'un classique de la littérature noire et d'un joyau de la couronne de Robin Cook. Il est mort les yeux ouverts bénéficie en cette fin de printemps 2026 d'une préface de dame Marie-Caroline Aubert qui clame tout son amour pour cet auteur anglais un brin maudit.
Il est mort les yeux ouverts, premier roman de la série Factory (avec Les mois d'avril sont meurtriers, Comment vivent les morts, J'étais Dora Suarez et Le mort à vif) démarre par la découverte du cadavre d'un quinquagénaire, alcoolo, visiblement battu à mort, bras brisés, jambes brisées, coups de couteau et d'objets contondants. Un massacre. Qui n'intéresse pas les autorités judiciaires mais pique la compassion de l'inspecteur sans nom, véritable fourmi du système policier, besogneux, sous son caractère anarchisant. Chez la victime il trouve donc toute une série de cassettes sur lesquelles ce Charlie Staniland confiait son âme torturée. Cela tombe bien, parce que l'inspecteur sans nom aussi est torturé et au fil de l'enquête, il va se retrouver dans les tourments de Staniland, s'identifier, dans ce Londres de squats, de pubs rances, de femmes fatales et pas moins rances, de détraqués, de petits voyous. Démarre alors un tour pas vraiment touristique des perversions et de la débauche dans la capitale anglaise.
Marie-Caroline Aubert le dit bien en introduction, il y a beaucoup d'éléments autobiographiques de Cook dans ce roman. Notamment ce passage sur la maison de village de Staniland en France. Sans doute aussi ce regard fatigué sur la politique de son pays et cette gauche déjà caviar qui s'installe. Mais Il est mort les yeux ouverts, s'il garde les codes classiques de la femme fatale, de la rédemption, frappe avant tout par la noirceur de son environnement, cette gangue de malheurs et son pessimisme extrême. Car c'est simple : ici, nul ne mérite d'être sauvé. Pas même l'inspecteur sans nom.
Publié la première fois en 1983, lorsque l'auteur a déjà plus de cinquante balais, Il est mort les yeux ouverts témoigne tout autant de la maîtrise technique de Cook que de sa volonté de prendre le lecteur à rebrousse poil, avec, par-dessus tout ça, un texte assez personnel. Plus de quatre décennies après sa sortie, le roman demeure d'une singulière efficacité.

Il est mort les yeux ouverts (He died with his eyes open, trad. Jean-Bernard Piat, révisée par Marie-Caroline Aubert), La Série Noire, 314 pages, 14 €
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