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The killer inside me

Littérature noire

Qu'est ce que l'on va retenir de cette année de lectures ?

Aucune logique dans ce choix de lectures 2025/2026 puisqu'il y a du polar, évidemment, mais aussi de la SF, de la non fiction, un roman français de nostalgie et puis David Peace qui reste inclassable. Enfin si il y a une logique, ou presque, puisqu'il s'agissait de chercher des textes qui ne sont pas forcément les plus médiatisés. On aurait pu ici parler, encore, de La colline, mais nous sommes d'accord que le roman a déjà été parfaitement évoqué et a reçu son lot de reconnaissances, justifié. Laurent Mauvignier pouvait également figurer dans les formidables lectures de l'année mais il n'a certainement nul besoin d'un obscur blog !

La station, 276 pages, 23 €.
La combinaison parfaite entre roman noir et SF. Un roman de pure tension dans l'ISS. Alors dit comme ça, ça peut paraître mal barré mais non, c'est vraiment incroyable puisque Jakub Szamalek mêle toutes les confrontations internationales, US - Russie - Chine, avec une tempête solaire et puis la prise de commandement d'une femme. Honnêtement, la paranoia dans un espace aussi restreint, à 400 kilomètres au-dessus de la Terre, il n'y a pas mieux.

White city, 560 pages, 24, 50 €.
Rhooooo, le polar de haute volée comme on l'aime. Un casse légendaire, de vraies ordures dans le Londres de 1952, un flic infiltré, le tout raconté avec ce que l'on peut appeler maestria par Dominic Nolan. White city est un pavé mais il n'y a aucun temps mort, c'est une aventure qui colle, qui sent la poudre et le cadavre, avec une peinture sociale qui en fait un grand roman noir.

Toute l'infortune du monde, 448 pages, 20 €.
Thomas Bronnec excelle dans le scénario de politique fiction, à deux cheveux de l'anticipation. Cette fois, voilà une France en pleine crise diplomatique qui voit Paris régulièrement attaquée par des drones qu'ils soient américains ou russes. C'est que l'hexagone, et l'Europe, sont qualifiées de faibles, d'immigrationnistes, par les anciennes puissances alliées. Et donc tensions. La présidente française se retrouve acculée face au terrible choix de courber l'échine ou de redresser la tête avec ses partenaires que sont l'Allemagne et la Pologne. Flippant et réaliste, Toute l'infortune du monde, c'est le cauchemar que l'on voudrait éviter.

Code bleu, 279 pages, 23 €.
Depuis Tokyo Vice, Jake Adelstein a toujours respecter les codes du roman noir dans ses grandes enquêtes. Code bleu ne déroge pas à ce principe. Une sorte de serial killer en la personne d'un infirmier qui exécute des vétérans américains malheureusement tombés entre ses mains. Une hiérarchie hospitalière corrompue qui refuse de prendre des mesures. Des lanceurs d'alerte. Et Jake Adelstein, dans une enquête très personnelle puisque son père est aux premières loges, qui déroule le fil impensable d'une bavure, d'un scandale. Exemplaire.

Des animaux difficiles, 288 pages, 20, 50 €.
Un deuxième roman de Métailié dans cette sélection. Et pas des moindres avec cette série SF de Rosa Montero qui interroge joliment et avec une grande finesse sur l'avènement des intelligences artificielles. Des animaux difficiles n'est pas un tract politique, pas un pamphlet mais un roman de grande ampleur, teintée d'une émotion puissante avec cette réplicante, Bruna Husky - l'héroïne de la série -, toujours traumatisée à l'idée de connaître sa date de péremption. Oui, pour les amateurs de Blade Runner, et pas seulement, c'est incontournable.

Nous les moches, 251 pages, 21 €.
Davantage qu'un énième livre sur la nostalgie, Nous les moches est une ode aux déclassés, pas aux miséreux attention, mais à ceux qui sont passés à côté de quelque chose, parfois même de leurs vies. C'est l'histoire impeccable d'un groupe de thrash qui se reforme et repart en tournée et c'est l'occasion d'une étude sociale toute en délicatesse et en sincérité. Jean Michelin émeut sans sortir la boîte de kleenex et surtout, il démontre un grand sens de conteur.

Munichs, 576 pages, 24, 90 €.
David Peace pourrait écrire les horaires des Chemins de Fer de la Corse que cela en deviendrait génial. Mais voilà, avec Munichs, il a choisi de raconter la tragédie qui a frappé l'équipe de Manchester United en février 1958. Il en fait un texte phénoménal où se bousculent la working class anglaise, irlandaise, la passion du ballon rond, la hargne pour la victoire, les inimitiés en supporters et une humanité toute simple, naturelle. Peace n'a rien perdu de son talent de scansion, ce rythme unique qui épouse l'histoire et bouscule, il faut avouer, les codes habituelles de narration. Du très, très grand.

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Y
Ah oui ! Ta liste va m'obliger à compléter mon programme avec "Nous les moches" , "La station" et Peace ... Je ne sais pas si je dois te remercier !
Répondre
Y
Sachant que j'arrête le blog cette semaine et qu'on vient de poster notre dernière chronique, ça pourrait être l'occase ...
T
Ecoute, maintenant j'attends la tienne !