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The killer inside me

Littérature noire

Sous le signe des poissons : sexe, solitude et goût du sel

Une sorte de journal de Bridget Jones trash, la quête d'une trentenaire pour ne pas finir seule, ses questions sur l'amour, au milieu d'un chien diabétique, d'un groupe de parole totalement dingue et d'une étrange rencontre avec un jeune nageur nocturne.
Sous le signe des poissons est sans aucun doute un roman qui ne laisse pas indifférent. Melissa Broder, l'autrice, joue à fond la carte de la confession-fiction, mettant sur la table toutes ses angoisses, ses contradictions. Et c'est souvent vraiment très drôle. Ce personnage de Lucy, 38 ans, encore à écrire une thèse, sur Sappho, qui se fait larguer à Phoenix par son type pas forcément inoubliable, a tout de l'anti-héroïne. Evidemment, c'est son regard sur la société américaine (californienne ?) qui intéresse, son regard également sur les femmes en 2018 (oui, le roman est sorti en grand format il y a quelques temps) et cette peur de la solitude. Pour tout dire, on retrouve ici l'humour de Seth Greenland, par exemple quand Lucy parle de sa soeur qui a réussi professionnellement dans la vente de tapis de yoga, avant de rencontrer " Steve, un investisseur juif et hippie, au fin fond de la Silicon Valley 1.0. Elle l'avait mis au Kombucha..."
Le truc qui peut diviser les lecteurs, c'est vraiment les scènes de sexe que Melissa Broder envoie sans filtre, dans les toilettes d'un hôtel, dans un Uber, sur des rochers. C'est cash, choquant pour certains mais cela parle surtout du désir chez la femme. Alors oui, c'est très chaud mais, encore une fois, très drôle, avec un petit côté Blanche Gardin cette fois.
Alors même s'il y a de longues circonvolutions autour de la solitude, de l'amour, Sous le signe des poissons reste hautement recommandable avec un délire un brin mythologique (clin d'oeil à Sappho).

Sous le signe des poissons (The pisces, trad. Marguerite Capelle), ed. Bourgois, coll. Satellites, 428 pages, 12, 80 €
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