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The killer inside me

Littérature noire

Courir : l'histoire sublimée d'Emile Zatopek

Ceci n'est pas une biographie sportive. Courir (2008) est un roman, un sacré roman, utilisant des éléments de la vie du coureur de fond Emile Zatopek (1922 - 2000), pour tracer autant un parcours sportif qu'une vie des deux côtés du fameux Rideau de fer. Tout cela avec la plume légère et incisive de Jean Echenoz. C'est dire si l'on prend du plaisir.
Qu'admire-t-on le plus dans le style Echenoz ? Peut-être son riche mais jamais pompeux vocabulaire au service de l'image : " Il a l'air absent quand il court, terriblement ailleurs, si concentré que même pas là sauf qu'il est là plus que personne et, ramassée entre ses épaules, sur son cou toujours penché du même côté, sa tête dodeline sans cesse, brinquebale et ballotte de droite à gauche. " C'est une prose joyeuse qui s'amuse volontiers avec le lecteur, en fait son complice (la fameuse métalepse...).
Jean Echenoz a aussi l'art d'écrire court, avec des chapitres qui démarre au quart de tour, pose un rythme : " Prague où, ces années-là, tout le monde a peur, tout le temps, de tout le monde et de tout, partout... Les Jeux d'Helsinki, ça commence mardi mais Emile n'est pas très en forme... Emile est un peu fatigué. On peut le comprendre, on le serait à moins... " Echenoz est minimaliste dans ce sens où il ne se perd pas dans des circonvolutions et ainsi donne cet élan à chacun de ses textes, créant une dynamique qui lui est propre, une sorte d'autosuffisance énergétique.
Pour autant, l'auteur ne s'interdit pas d'atteindre la psychologie de ses personnages. Entre une course de 5000 mètres et un marathon, il décrit très bien les hésitations d'Emile Zatopeck, ses incompréhensions face au pouvoir communiste dont il sait rester à distance. Parce que Courir est aussi un livre qui traverse la grande Histoire avec panache, dénonçant l'utilisation de l'athlète pour la propagande, pointant du doigt sa mise au ban de la société après l'intervention soviétique à Prague. Toujours en quelques mots pesés.
Encore une fois, Jean Echenoz livre un texte d'une sincère humanité, aussi fin que drôle, et parfois même éblouissant d'originalité tranquille. Tout à fait l'oeuvre nécessaire et même indispensable en ces heures de grands bavardages vains.

Courir, Les éditions de minuit, 142 pages, 15 €
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D
Rebonsoir, un roman très bien écrit. J'ai découvert Echenoz avec ce roman. Un bijou. Bonne soirée.
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T
Ah l'écriture d'Echenoz, c'est époustouflant. Il y a à la fois une épure et puis une façon très claire de ne pas se prendre trop au sérieux.
L
Un régal cette lecture, il y a déjà quelques temps. <br /> J’aime lire Jean Echenoz
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V
J'ai beaucoup aimé aussi, sans doute un de mes préférés de l'auteur.(avec Des éclairs et Envoyée spéciale)
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Y
Le Maître ! Merci pour la métalepse, je me coucherai un peu moins con.
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L
Pareil :)