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The killer inside me

Littérature noire

L'amour du métier : tueur à gages, ce n'est pas si imple

" Quand on parcourt mille kilomètres à cheval pour tuer un homme qu'on ne connaît pas, mieux vaut jouer l'étranger muet du début à la fin. Inutile de parler à qui que ce soit, ni à la cible, ni au client, ni à personne d'autre. Si on a un truc à dire, on peut le murmurer à l'oreille de son cheval. "
L'amour du métier (Hit man en VO) est le premier volet de la série Keller, tueur à gages new-yorkais, initiée en 1998 par cet autre géant américain Lawrence Block. L'auteur a tout de même soixante balais quand il se décide ainsi pour un nouveau personnage. Et cela fonctionne tellement bien.
Il ne s'agit pas ici d'un roman à proprement parler mais de dix nouvelles inter connectées, avec des références à la précédente histoire ou une autre, plus ancienne. Le tout pour donner le portrait d'un homme consciencieux dans son travail mais bourré de contradictions, de doutes, de prévenances. Un caractère qui s'illustre très bien dans La thérapie de Keller, scène digne des Sopranos qui voit le tueur expliquer son rêve, dans un maison bourgeoise, en train de tuer des souris...
Le charme de ces nouvelles tient donc à ce personnage de Keller, amateur de mots-croisés, philatéliste amateur, capable de s'accrocher à un chien mais aussi à la femme qui doit promener son chien pendant ses absences,. Et puis il y a ce cérémonial façon James Bond : son patron reçoit un coup de fil, il est convoqué dans une maison de White Plains et, si le lecteur ne croise jamais le boss en question, les dialogues avec Dot, la secrétaire, sont toujours savoureux, drôles. Au-delà du personnage, il y a aussi toutes les situations de contrats, jamais simples, des chambres de motel aux télécommandes vissées sur la table, et puis cette impression de toujours vouloir s'installer dans ces coins perdus qu'il visite et que Keller trouve toujours absolument charmant.
Bien entendu que Lawrence Block a une technique de narration impeccable, précise, mais il a surtout ce flegme, cette petite ironie qui transforme un tueur en série en monsieur tout le monde, en quasi employé de bureau avec ses problèmes personnels universels. On ne parle pas peut-être pas assez de Lawrence Block...

L'amour du métier (Hit Man, trad. Jean Esch), ed. Points, 332 pages, 8 €
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V
Je ne connaissais pas du tout cet auteur mais ce que tu en dis me plaît beaucoup !
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T
Je n'en ai lu que trois, ce qui est très peu. Mais c'est aussi parce qu'il est peu mis en avant par ses éditeurs. Je vais essayer de me rattraper.