Littérature noire
6 Juillet 2026
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Stanley Ahearn est un gars banal qui bosse pour une boîte de produits asiatiques à San Francisco. Son truc, c'est la fellation tarifée dans sa voiture. Un soir, noyant son spleen dans le Bushmills, il tombe sur une fille ensorcelante qui lui propose une soirée d'enfer... et le voilà qui se réveille dans un parc municipal, coincé dans un duvet mauve. Avec une horrible douleur au bas du dos. Et pour cause, on vient de lui infliger une néphrectomie sauvage : Stanley s'est fait voler un rein, victime d'un trafic d'organes. Sous ses airs de commis d'épicerie, une forme de colère s'éveille en lui et avec des amis, redoutables en informatique et piratages divers, il va se mettre sur une piste.
Après deux Jim Nisbet plutôt bien tournés, Petit traité de la fauche avec ses qualités d'humour et Les damnés de la terre, bien plus sombre, Prélude à un cri (paru en 1997) frôle l'ennui. La faute à des scènes qui s'étirent sur des pages et des pages. De la première rencontre dans le bar, à ce moment de réveil interminable dans la chambre d'hôpital et puis, le bouquet, cette planque devant le colombarium, avec situation géographique, rappel du tremblement de terre de 1989, exposé sur la pelouse et surtout sur l'architecture de ce monument parfaitement oubliable. Super lassant. Tout cela pour arriver à une bagarre à peine tortueuse, avec un peu de sexe déluré, des grosses piqûres et l'infirmière qui arrive on ne sait d'où. C'est assez hermétique au final, on ne sait pas si Nisbet veut faire de l'humour noir ou dresser un portrait de société, il y a un entre-deux mais surtout, donc, ces longueurs.
Prélude à un cri (Prelude to a scream, trad. Freddy Michalski), ed. Rivages, 457 pages, 145 F.