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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

La dent du serpent : Craig Johnson baisse la garde

Dixième aventure de Walt Longmire. En France. Car aux Etats-Unis, le shérif du comté d'Absaroka, Wyoming en est déjà à 14 ou 15 enquêtes. La dent du serpent se pose donc après le très bon A vol d'oiseau. Mais, il faut être honnête, il n'en a pas l'intensité. D'accord dans une série policière, difficile de maintenir sinon le rythme de l'excellence, du moins celui d'une qualité régulière. Avec un polar par an, Craig Johnson s'est mis une pression assez importante et difficile d'être chaque fois au rendez-vous. Dans La dent du serpent, Longmire, Henry, Vic, Sancho, le chien, Ruby, tombent nez à nez avec un adolescent vagabond, échappé d'une communauté religieuse. Bon démarrage qui fleure agréablement l'extrêmisme baptiste, on se met à penser au film Witness, à tous ces mormons polygames, édentés et un brin débiles. Chouette ! Et puis non, l'histoire dérive assez vite sur une affaire de gisement de pétrole pirate. Pourquoi pas ? Mais les personnages, alors, sont moins creusés que dans les précédents tomes. Il y a bien Eleanor, la bibliotécaire, Bidarte, le lanceur de couteaux, mais l'auteur ne nous raconte pas une histoire dans l'histoire comme il le fait souvent avec ses personnages secondaire. On parle beaucoup de CIA au final, d'agences gouvernementales et ça fait retomber le soufflé. Ah certes, il y a toujours le morceau de bravoure, ces six ou huit pages quand le shérif se retrouve à lutter seul, contre un élément, pas la neige cette fois, pas une absorption de peyotl, pas une montagne sans fin mais l'incendie de l'annexe du bureau. Un moment réussi il est vrai. Tout comme la scène western de la fin, digne des 7 mercenaires. Sauf que lorsque l'on repose le livre, on se dit que les bons sentiments ont pris le pas sur le récit : l'amourette de Longmire et Vic, " la religion est une bonne chose quand elle fait le bien et une mauvaise quand elle fait le mal "(!), les méchants hommes mouillés dans tous les coups fourrés de la planète... cela manque de nuances, au point que même la narration en prend un coup (Frymire ?). Bon allez, c'est une baisse de régime et on ne va pas déjà condamner un auteur qui nous a régalé avec Little Bird, Molosses, Dark Horse, Le camp des morts... Et puis à noter, encore une excellente traduction.

La dent du serpent (trad.  Sophie Aslanides), ed. Gallmeister, 370 pages, 22, 80 euros.

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