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The killer inside me

The killer inside me

Littérature noire

Retour à Watersbridge : premier roman noir et rural réussi pour James Scott

Retour à Watersbridge : premier roman noir et rural réussi pour James Scott

Vengeance. Elspeth et son fils Caleb, 12 ans, n'ont que cela en tête. Sur la côte Est, dans l'Etat de New-York, en cette fin de 19e siècle, leur famille a été massacrée dans sa ferme par trois tueurs mystérieux. Les deux frères et deux soeurs de Caleb, le père, indien et religieux ont été abattus sans explication. Si Caleb a eu la vie sauve c'est parce qu'il est différent, un peu lunaire et vit depuis longtemps dans la grange où les tueurs ne l'ont pas trouvé. La mère, elle, était à son travail, à la ville. Son travail de sage-femme... Avec Retour à Watersbridge, James Scott embarque le lecteur dans une société aussi rude que la Nature qui l'abrite. Sans pathos, sans effets grandiloquents, ce jeune auteur dévoile une société américaine en construction, entre fin du monde des cow boys, religiosité aigüe et ère moderne. Un beau premier roman.

Car évidemment, il ne s'agit pas que de vengeance dans Retour à Watersbridge. Il y a d'abord toute une première partie à la ferme, aux lendemains du massacre. Caleb, caché dans la cave de la maison, peuplée des cadavres de son père, de ses frères et soeurs, entend quelqu'un arriver et tire à travers la porte sans réfléchir. C'est sa mère, qu'il vient de blesser grièvement. Effrayé, tétanisé, il va soigner Elspeth mais aussi tenter de brûler les corps des membres de sa famille pour ne pas les laisser pourrir sur place. Dans sa panique, il brûle aussi la maison où il a grandi, la ferme familiale. Ainsi, le passé symboliquement rasé, il peut, avec sa mère, inconsciente, songer à sa vengeance et prendre la direction de Watersbridge, sur les bords du lac Erié.

Après cette première partie d'une rare sècheresse, dure, les deux arrivent à la ville. Pour retrouver, donc, le fameux trio assassin. Les contacts se nouent, la mère, dans une autre dimension psy, se travestit pour trouver un travail et James Scott de peindre cette Amérique rurale, vivant du commerce, de la vente de blocs de glace, de saloons riches en prostituées. Le roman se détend un peu mais le lecteur découvre petit à petit qu'Elspeth, exerçant auparavant comme sage-femme, a " volé " chacun des enfants qu'elle a élevé. Et Caleb, déjà pas mal dérangé tout de même par ce qui vient de lui tomber sur le coin de la figure, est sur le point de le découvrir...

Livre étonnamment psychologique, riche en réflexions sur la place de la famille, de la religion mais aussi des armes à feu aux USA, Retour au Watersbridge est ambitieux et incroyablement réussi. Avec ce qu'il fait de scènes de bagarres, de pistolades, sans oublier, un cataclysme à l'usine de glace. Certes, il souffre de quelques longueurs. Mais bon sang, pour un premier roman, quelle patate !

Retour à Watersbridge, James Scott, éd. Seuil, 385 pages, 21, 50 euros.

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Léa Touch Book 28/01/2016 11:26

Il faut absolument que je le lise, c'est mon genre littéraire :)