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The killer inside me

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Littérature noire

Le grand jeu : la géopolitique de Percy Kemp tourne à la farce

Le grand jeu : la géopolitique de Percy Kemp tourne à la farce

C'est le chaos. Un groupuscule d'éco-terroriste a fait sauter le volcan du Yellowstone, réveillant une colère tellurique qui a plongé l'hémisphère nord de la Terre dans une semi-obscurité empoisonnée. Les économies s'effondrent, les populations meurent de faim et les Etats se recroquevillent sur eux-mêmes. Avec un espoir, retrouver Jo Silver, l'inventeur d'un processus de culture de la spiruline, algue connue pour ses propriétés nutritives qui permettrait ainsi de stopper les famines. Les nouveaux maîtres du monde sont le Brésil et l'Australie, épargnés par les nuages toxiques. Au pays des kangourous Harry Boone, agent secret, se voit confier la lourde tâche d'aller chercher Silver, quelque par en Inde. Il se rend à Cochin avec un chargement de riz, véritable laissez-passer. Dans sa quête, il croise Mick, garçon de 12 ans, échappé d'un massacre à Auroville...

Percy Kemp, hommes de cultures, a depuis longtemps développé une théorie sur le changement du pouvoir mondial qu'il imagine, pour bientôt, dans le Pacifique. Le grand jeu est finalement une mise en scène de cette idée. Hélas, cela prend plus la forme d'une fable maladroite que d'un roman d'espionnage ou d'un roman d'apocalypse. L'auteur parsème au-delà du raisonnable son récit de pensées philosophiques, empruntées au défunt personnage d'Ibrahim, sorte de guerrier-gourou du petit Mick mais Kemp cite aussi allègrement sa référence, Kipling (connu pour ses merveilleux romans, mais aussi pour sa farouche opposition à l'indépendance de l'Irlande, ce qui n'en fait notre ami). Au fil des pages, cela devient assez indigeste et on se surprend à se dire que Paulo Coelho n'est pas loin ! Grosso modo, les Hommes sont très méchants et heureusement qu'il y a des enfants pour relever le niveau. Les religions, c'est bien, si on ne tombe pas dans les extrêmes...

Evidemment tout cela donne des situations, au minimum rocambolesques, au pire, ridicules. L'ultime face à face avec le père Joseph, alias Jo Silver, est un grand moment de n'importe quoi, " non je ne vous donnerai pas la formule... oh et puis oui, cet enfant est si mignon. " Le grand jeu souffre d'une prétention hallucinante et si Percy Kemp voulait faire de la géopolitique, c'est bien dommage.

Côté narration, l'intrigue est si fine qu'il faut faire de la redondance à foison, du surlignage un peu lourd, pour être bien certain que le lecteur comprenne bien. Quant au personnage d'Harry Boone, difficile de s'y accrocher. Bref, l'occasion d'économiser 21 euros.

Le grand jeu, ed. Seuil, 409 pages, 21 euros.

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